Liquidation d'Heuliez : le jour de vérité

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Liquidation d'Heuliez : le jour de vérité
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Le tribunal de commerce de Niort devrait prononcer lundi la liquidation de l'équipementier. Reste un espoir.

Le tribunal de commerce de Niort devrait prononcer lundi la liquidation de l'équipementier Heuliez, mais certains espèrent quand même une reprise d'activité grâce à l'intervention de la région Poitou-Charentes. L'emboutisseur de Cerizay (Deux-Sèvres), qui incarne un pan de l'histoire industrielle de cette région avec près d'un siècle d'existence, devrait cesser d'exister en tant que Heuliez SAS.  La décision interviendra six mois après son placement en redressement judiciaire. Elle arrive aussi après des années de difficultés, le premier dépôt de bilan de l'équipementier, qui comptait encore quelque 3.000 employés au milieu des années 2000, datant de 2007.

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Le député socialiste des Deux-Sèvres, Jean Grellier, impliqué dans sa sauvegarde depuis longtemps - il en a même tiré un livre - n'en reste pas moins optimiste. Le tribunal de commerce, indique-t-il à l'AFP, devrait en effet prononcer une poursuite d'activité d'un mois, qui permettra à une société d'économie mixte (SEM), mise en place par la région Poitou-Charentes, de s'organiser pour reprendre l'outil industriel et préserver le site. Les commandes encore en cours - notamment pour la Mia Electric - seront honorées. Cette SEM, voulue par la présidente de région Ségolène Royal et dotée d'un capital de 650.000 euros, a pour but d'éviter à Heuliez de passer à côté d'une opportunité qui pourrait se présenter d'ici quelques mois outre-Rhin, alors que le constructeur allemand Volkswagen l'avait pré-sélectionnée pour une importante commande de pièces détachées. Si ce contrat se concrétise, a expliqué Mme Royal à l'AFP, l'outil industriel aura été sauvé et on aura évité son démantèlement, par des prédateurs "qui vendent cher les machines et empochent parfois jusqu'à 30% du montant des ventes". "Cette usine a des machines d'une grande valeur", souligne-t-elle. Pour ce faire, la société d'économie mixte pourrait impliquer aussi un possible futur repreneur ferme dans quelques mois, qui n'osait prendre le risque en l'absence de contrats suffisants: le groupe espagnol Cosmos XXI. "L'espoir se maintient notamment si Cosmos est capable d'aller chercher le marché de Volkswagen qu'Heuliez avait initié", explique le député. Le berceau industriel et le savoir-faire existent toujours, dit-il.