Limeil-Brévannes, une ville qui suffoque

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Limeil-Brévannes, une ville qui suffoque
La décharge à ciel ouvert qui s’est installée près d’un lotissement en 2009 pollue le quotidien des habitants de Limeil-Brévannes.@ MAXPPP
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Depuis 2009, une montagne de déchets à ciel ouvert empoisonne la vie des riverains.

Les habitants l’appellent la montagne, ou le volcan. Haut comme un immeuble de cinq étages, un imposant amoncellement de déchets fait la vie dure aux habitants de Limeil-Brévannes, dans le Val-de-Marne.

Le site, qui s’étend sur une centaine de mètres, pour 15.000 mètres carrés environ, est exploité par la société LGD développement, spécialisée dans la collecte et le tri de déchets. Depuis 2009, l’entreprise a accumulé les gravats, le plastique, les débris en bois et en pierre, au mépris de plusieurs arrêtés de mise en demeure.

Le quartier étouffe

Une forte odeur acre et piquante se dégage de cette montagne de déchets, traversée de fumerolles grisâtres et colonisée par les corbeaux.

Avec la décomposition des ordures, couplée à la chaleur, la montagne produit du méthane, qui s’enflamme. En moyenne, il y aurait trois départs de feu par jour. De quoi largement incommoder les habitants d'un ensemble résidentiel en construction situé à proximité.

Faute de mieux, les habitants de Limeil-Brévannes ont fait le choix du système D. "On a calfeutré toutes nos bouches d’aération. On a bien scotché pour qu’il n’y ait absolument pas d’air qui passe", confie ainsi à Europe 1 Liliane, la vice-présidente de l’association de défense des riverains. "Fermé comme ça, lorsque ça brûle, on est quand même un peu protégés", poursuit-elle.

La santé des habitants en question

Les habitants sont de plus en plus inquiets pour leur santé. Janine habite au bout de la rue. Son asthme, dit-elle, empire de jour en jour. "Cela fait trois nuits que je ne dors pas. Et si je m’assoupis un peu, je me dis ‘Est-ce que demain matin je serai réveillée’ ?", déplore Janine.

Face à la crise sanitaire, la préfecture a décidé de faire arroser le tas, pour éviter de nouveaux incendies, et a ordonné des analyses pour déterminer la toxicité de l’amas de déchets.

De son côté, LGD développement a été placée en liquidation judiciaire le 28 avril. Le nettoyage du site nécessiterait quant à lui le déblocage de 9 millions d’euros.