Ligonnès parlait d’empoisonner ses enfants

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Ligonnès parlait d’empoisonner ses enfants
Il envisageait, dans un mail envoyé à sa maîtresse, de supprimer sa famille plus d'un an le drame.@ MAXPPP
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Il envisageait, dans un mail envoyé à sa maîtresse, de supprimer sa famille un an avant le drame.

Le parquet de Nantes a confirmé mercredi l'existence de cet écrit révélé par RTL, dans lequel le père de famille nantais "fait état de son impécuniosité, et de la nécessité de réunir des fonds dans un bref délai".

Un nouveau prêt de 25.000 euros

"Ce document est connu de l'antenne de police judiciaire de Nantes et a fait l'objet de vérifications", précise dans un communiqué Ivan Auriel, procureur adjoint au parquet de Nantes, qui rappelle qu'"à ce jour aucun élément nouveau n'a été recueilli permettant de localiser Xavier Dupont de Ligonnès". Ce dernier, qui n'a plus donné signe de vie depuis le 15 avril dernier, sollicite dans le courriel de janvier 2010 un nouveau prêt de 25.000 euros auprès de sa maîtresse, qui lui a déjà avancé 50.000 euros.

"Je suis ruiné au fond du trou, comme jamais je ne l'ai été", écrit Xavier Dupont de Ligonnès. "J'ai 4 mois de loyers impayés (…,) j'ai été obligé de demander à maman de quoi acheter des cadeaux de Noël aux enfants (et je dois la rembourser), j'ai de nouveaux huissiers aux fesses".

"Je ne veux plus de cette vie de famille"

"Je n'en dors plus, je fais des insomnies presque chaque nuit avec des idées morbides, foutre le feu à la maison après avoir donné un somnifère à chacun, me foutre dans un camion pour qu'Agnès touche 600.000 euros ", écrit-t-il encore. "Je ne veux plus de cette vie de famille avec Agnès que je n'aime pas. J'ai envie d'une nouvelle vie et je ne l'imagine pas sans toi. De toute façon, ma vie actuelle se terminera dans les quelques mois à venir si je ne trouve pas 25.000 euros immédiatement", ajoutait-il.

Les quatre enfants de Xavier Dupont de Ligonnès ont été drogués aux somnifères avant d'être assassinés, ont révélé les rapports d'autopsie rendus publics par le procureur de la République de Nantes. Quant à son épouse, Agnès de Ligonnès, le doute subsiste sur le fait qu'elle ait été droguée ou non. Les enquêteurs chargés d'élucider les circonstances du quintuple meurtre n'ont pas établi que la mère de famille ait été droguée en lien avec son assassinat, a précisé jeudi le parquet de Nantes.

"Les analyses toxicologiques ont mis en évidence la présence d'un médicament à dose thérapeutique compatible avec un traitement régulier dans les prélèvements biologiques réalisés au cours de l'autopsie d'Agnès Dupont de Ligonnès", a ajouté le parquet. Mais "en l'état de la procédure, à la différence des autres membres de la famille dont les corps ont été découverts à Nantes, il n'est pas établi une relation entre cette prise médicamenteuse et sa mort". Le Parisien affirmait un peu plus tôt que ces résultats d'analyse montraient qu'elle avait bien été droguée, avec une substance autre que des somnifères.

Les corps des cinq victimes ont été découverts dissimulés sous la terrasse du jardin de leur maison familiale nantaise le 21 avril. Le père de famille, contre lequel un mandat d'arrêt international a été lancé, n'a toujours pas été retrouvé. Il a été vu pour la dernière fois le 15 avril dans un hôtel du Var.