Leur "première fois" en apesanteur

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Leur "première fois" en apesanteur
Le jour "J" est arrivé pour les 40 premiers passagers payants de l'Airbus A300 Zéro-G, qui décolleront vendredi de Bordeaux-Mérignac pour découvrir l'apesanteur.@ Capture d'écran YouTube
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L'Airbus A300 Zéro-G a offert vendredi leur baptême à quarante passagers.

Le rendez-vous. Le jour "J" est arrivé pour les 40 premiers passagers payants de l'Airbus A300 Zéro-G, qui ont décollé vendredi de Bordeaux-Mérignac pour découvrir l'apesanteur. Il s'agit du premier vol parabolique commercial en Europe, les vols de ce type n'étant opérés jusqu'à présent qu'aux États-Unis et en Russie.

Comment ça marche ? Le vol de découverte comprend 15 paraboles de 22 secondes, soit 5 minutes d'apesanteur cumulée. En clair, l'avion effectue 15 sortes de looping dans le ciel, de telle sorte que les passagers flottent dans les airs (ou presque) à l'intérieur de l'avion. Dans le détail, la première parabole permet d'atteindre la gravité martienne. Elle est suivie de deux paraboles lunaires, soit la sensation d'être debout sur la Lune, puis de 12 paraboles en véritable apesanteur, où les passagers flottent vraiment.

Des activités mais "pas un parc d'attraction". Des activités sont également au programme : s'assoir au plafond, voir évoluer une boule d'eau. Pour l'astronaute Jean-François Clervoy, président de Novespace, la filiale du CNES propriétaire de l'A300 Zéro-G, ce vol de découverte de l'apesanteur s'apparente à des "journées portes ouvertes d'un laboratoire de recherches" et non à "un parc d'attractions pour touristes". Jean-François Clervoy n'était d'ailleurs pas le moins impatient. "Ce qui me tarde, c'est de voir le sourire jusqu'aux oreilles" des passagers à l'issue du vol, déclarait-il le weekend dernier.

Qui sont les passagers ? Sur les 40 passagers à bord de l'A300 Zéro-G, une trentaine ont déboursé chacun 6.000 euros, les autres, dont cinq étudiants, ont gagné un concours organisé par le CNES, l'agence spatiale française, qui utilise habituellement cet avion à des fins scientifiques. "Je n'allais pas rater le coup, ça c'est clair", a confié Marie-Claude Lamy, une des rares passagères. Car la parité était loin d'être respectée pour ce premier vol, avec seulement 15% de femmes, dont une qui volait en couple. Il y avait à bord une majorité de Français - dont un venu spécialement du Japon -, avec une moyenne d'âge autour de la cinquantaine. Deux pères étaient accompagnés de leur fils. Un Suisse avait déjà réalisé un vol parabolique aux Etats-Unis.

L’apesanteur, le "rêve de toute une vie". Jean-François Soleil, un ingénieur qui avait déjà étudié cette expérience sur le plan théorique, était lui aussi du voyage.



Dans les jours précédents, il raconte avoir fait très attention à ne pas tomber, à ne pas se blesser, à éviter tout accident. Car "l’occasion ne se représentera peut-être plus" de connaître l'apesanteur, confie-t-il au micro d'Europe 1.