Les zones noires sont "non négociables"

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Les zones noires sont "non négociables"
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Après Xynthia, 1.400 maisons seront rasées. L'indemnisation sera de 250.000 € en moyenne.

Alors que la Vendée et la Charente-Maritime retiennent leur souffle, le préfet de Charente-Maritime est ferme. Henri Masse, a indiqué jeudi à La Rochelle que les "zones noires", "présentant un danger de mort avéré" après le passage de Xynthia, n'étaient "pas négociables" et que leurs habitants devraient "quitter leurs maisons".

L'insoutenable attente

Au total, 1.393 habitations sinistrées lors de la tempête situées dans des zones "noires" seront rasées, dont 595 en Charente-Maritime, selon les chiffres communiqués mercredi par le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel.

En Charente-Maritime, douze communes présentent des zones rendues inhabitables et quatre autres ont des zones dites "jaunes" où "la population peut continuer d'habiter mais avec des prescriptions claires", a déclaré le préfet. Enfin des "zones orange" nécessitent une "expertise complémentaire pour être classées noires ou jaunes", a-t-il dit.

Un sinistré de Charron, Thierry Demaegdt, président de l'association "Reconstruire Charron", a indiqué que la réunion d'information aurait lieu à 19 heures avec les sinistrés classés dans la zone noire convoqués individuellement par téléphone par la mairie. La tension est également à son comble en Vendée, où les habitants de La Faute-sur-mer et l'Aiguillon-sur-mer connaîtront aussi jeudi la cartographie des "zones d'extrême danger" qui ne seront plus habitables.

Colère et aigreur

Une première réunion à huis-clos s’est déroulée mercredi avec les maires des deux communes pour "préciser les zones situées dans une zone d'extrême danger devant donner lieu à une acquisition par l'Etat des biens des sinistrés", a indiqué David Philot, secrétaire général de la préfecture de la Vendée. Une décision prise après le passage de la tempête Xynthia le 28 février qui y a fait 29 morts dans l’ouest de la France. A l'Aiguillon-sur-mer, le maire est sorti en colère de cette réunion.

L'aigreur gagne aussi les habitants dans l’attente. Christian Binard, porte-parole d’une association des sinistrés à l’Aiguillon-sur-mer explique que chacun veut "éviter les destructions de maison". "Il faut d’abord demander aux habitants" plutôt que de leur imposer d’abandonner leur domicile, estime-t-il. "Vous pouvez faire autre chose, comme des digues", assure-t-il.

"On ne quittera pas la maison", ont prévenu les habitants : <iframe class="video" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/21616704" frameborder="0"></iframe>

250.000 euros par maison

Les propriétaires des 1.393 maisons toucheront en moyenne 250.000 euros d'indemnisation, a déclaré jeudi devant le Sénat Bernard Spitz, président de la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA).

"Ce qui compte pour nous (...) c'est que, assurances plus Etat, on arrive à 100% de la valeur du bien", a affirmé de son côté David Philot qui s'est dit "optimiste" quant à parvenir à cet accord. Sur les futurs secteurs inhabitables de la Vendée, "si on devait avoir recours à l'expropriation dans ces zones, ce ne sera pas du tout de gaieté de cœur. L'expropriation, c'est le dernier recours", a considéré le secrétaire général.

Une cellule d'écoute sera mise en place avec médecin, psychologue et infirmière. Parallèlement seront déployées une cellule d'aide d'indemnisation, avec représentants de l'Etat, des assurances et des banques, ainsi qu'une cellule de relogement impliquant la Direction de la cohésions sociale, les services sociaux du conseil général et la CAF. "Tout sera fait pour qu'elles assurent un traitement individualisé, suivi", a affirmé le secrétaire général.