Les violences islamophobes bondissent de 41%

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Les violences islamophobes bondissent de 41%
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Les actes anti-musulmans augmentent selon l'Observatoire de l'islamophobie du CFCM.

Les actes islamophobes repartent à la hausse. Alors que l'année 2012 - marquée par l'élection de François Hollande - avait enregistrée une baisse des actes anti-musulmans, 2013 signe un retour des comportements islamophobes. Selon le président de l'Observatoire contre l'islamophobie, les actions et menaces contre les musulmans en France ont enregistré une hausse globale de 35 % au premier semestre 2013, par rapport à l'an dernier.

>> A lire - 2012 : les actes anti-musulmans en baisse

Les violences en augmentation de 41,8%. Selon Abdallah Zekri, "108 actions islamophobes, comme des violences,  des voies de fait, des incendies, des dégradations, ont été officiellement enregistrées entre le 1er janvier et le 30 juin 2013". Le chiffre était de 80 pendant la même période en 2012. Abdallah Zekri déplore donc une augmentation de 41,2 %".

"Pour les menaces islamophobes - propos, gestes menaçants, démonstrations injurieuses -, elles sont passées de 63, pendant le 1er semestre 2012, à 84 pendant la même période cette année, soit une augmentation de 33,3 %". Globalement, "cela représente une hausse de 35 %, sans parler des actes ou menaces qui n'ont pas fait l'objet d'une plainte. Ces chiffres sont donc en deçà de la réalité", a résumé Abdallah Zekri

Climat tendu autour des femmes voilées. Des violences sous-estimées donc. Notamment car ils ne prennent pas en compte les attaques faites aux femmes voilées. "C'est compter sans un nouveau phénomène, inquiétant, survenu au cours du mois de juillet, à savoir les agressions contre des femmes à visage découvert, portant non le niqab, mais le simple foulard", commente le président de l'institut.

Ce dernier assure que "ces agressions ne figurent pas dans le dernier bilan qui s'arrête au 30 juin". Pourtant, de nombreuses agressions de femmes voilées ont été recensées ce mois-ci : cinq dans la région de Reims, trois dans le Val d'Oise et une à Trappes. "Elles inquiètent d'autant plus", a-t-il poursuivi, "que des voix s'élèvent pour dire que si la police n'est pas en mesure de protéger ces femmes portant le foulard, ce sont les proches qui s'en chargeront".

"Un intégrisme qui en nourrit un autre". Interrogé sur le cas des femmes portant le niqab et notamment celle dont le compagnon s'est rebellé lors d'un contrôle à Trappes, entraînant de violentes émeutes le week-end dernier, Abdallah Zekri a estimé qu'il s'agissait d'"un intégrisme qui en nourrit un autre. Un fondamentalisme qui en nourrit un autre, celui de l'extrême-droite". Selon Abdallah Zekri, la montée des violences faites aux musulmans s'explique donc par deux facteurs : la poussée des idées du Front national et le comportement de certains musulmans intégristes qui engendre des amalgames.

Pour Abdallah Zekri, "la très grande majorité des musulmans respectent la loi de 2011, mais certains, notamment des 'convertis' qui ne connaissent rien à l'islam ni au Coran, qui veulent être plus musulmans que les musulmans, vont vouloir faire la loi, brûlant des voitures, cassant des vitres. Ce faisant,  ils font un tort considérable aux musulmans qui vont faire l'objet d'un amalgame".