Les tunnels routiers ne sont pas si sûrs

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Les tunnels routiers ne sont pas si sûrs
@ MAXPPP
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SÉCURITÉ - Le magazine Auto Plus a testé la sécurité dans une vingtaine de tunnels. Les résultats sont mitigés.

L'idée a traversé l'esprit de tout conducteur qui emprunte un tunnel un peu long : "et si la voiture tombait en panne ? Et s'il y avait un accident ?" Quinze ans après le drame du tunnel du Mont-Blanc, tous les tunnels de grande longueur français ont été mis aux normes. Le magazine automobile Auto Plus a voulu savoir si la sécurité était vraiment garantie dans ces ouvrages. Résultat : bien mais peut mieux faire.

La méthode.Auto Plus a testé la sécurité de 22 tunnels dans toute la France. Critères de sélection : que le tube fasse plus de 800 mètres de long et soit situé dans une zone urbaine très fréquentée. Le magazine a retenu trois éléments d'évaluation : peut-on s'arrêter en sécurité en cas de problème ? Peut-on alerter facilement les secours ? Peut-on s'enfuir rapidement ?

Les résultats. Dans la moitié des tunnels inspectés, le journaliste d'Auto Plus n'a pas réussi à contacter les secours. Bornes SOS hors-service, non connectée ou encore correspondant injoignable, les raisons sont multiples. Inquiétant, d'autant que les téléphones portables ne captent pas toujours dans les tunnels.

Dans un tunnel sur trois, le testeur n'a pas pu s'arrêter en toute sécurité. Certains tubes ne sont en effet pas équipés de bande d'arrêt d'urgence ou de trottoir ou encore, la visibilité n'est pas suffisante. Enfin, dans un tunnel sur cinq, les issues de secours ne permettent pas d'évacuer le tunnel. En cause, des portes condamnées, des couloirs non éclairés ou encore squattés.

Les mauvais élèves. Le tunnel du Paillon, à Nice, est la lanterne rouge de ce test. "Pas de possibilité de s'arrêter", première partie du parcours "anxiogène", secours injoignables et portables qui ne passent pas ou encore issues de secours "hors d'âge"... Le constat est sévère. A Marseille, le tunnel de la Major est lui aussi parmi les mauvais élèves. Une demi bande d'urgence seulement pour s'arrêter, une borne d'appel pas reliée au réseau et des issues de secours mal indiquées et pas assez nombreuses justifient ce résultat. Le tunnel des Monts, à Chambéry, les tunnels de Fourvières, de Caluire, de Rochecardon et de la Duchère à Lyon et ceux d'Antony et des Moulins en région parisienne sont également pointés du doigt.

Les bons élèves. Trois tunnels s'en sortent avec les honneurs : le duplex de l'A86 en région parisienne, celui de la Croix-Rousse à Lyon et le tunnel Prado-Carénage de Marseille ont tout bon sur les trois tests d'Auto Plus.

De nouvelles normes de sécurité.Auto Plus rappelle que depuis le drame du tunnel du Mont-Blanc, le 24 mars 1999, qui a coûté la vie à 39 personnes, des travaux ont été menés dans tous les ouvrages de grande longueur. L'Union européenne a en effet imposé de nouvelles normes. Désormais, des caméras surveillent l'état du trafic, des capteurs de chaleur et des détecteurs de fumée ont été installés et des sorties de secours ont été ajoutées.