Les troubles se propagent à La Réunion
Les troubles se propagent à La Réunion

L’île a été secouée par une 3e nuit d’émeutes. La moitié des communes sont désormais touchées.

Loin de se calmer, les violences à La Réunion se sont encore aggravées dans la nuit de jeudi à vendredi. La moitié des communes de l’île sont désormais touchées. Neuf policiers et un gendarme ont été blessés, et 76 personnes ont été arrêtées lors de cette troisième nuit d’émeutes. D’après le directeur de cabinet du préfet, Benoît Huber, "il y a eu moins de casseurs, mais une radicalisation des violences". Un escadron de gendarmerie est attendu en renfort, s’ajoutant aux deux déjà sur place.

Pendant la nuit, le même scénario s’est répété dans de nombreuses communes : des groupes d’une centaine de jeunes ont investi les rues, mettant le feu à des poubelles et dégradant le mobilier urbain. Les dégradations de commerces ont cependant été plus limitées que les nuits précédentes, même si une vingtaine de commerces ou bâtiments public ont tout de même subi des dégradations. Les policiers, pris pour cible, on essuyé une pluie de cocktails molotov.

Des images des émeutes :

De lourdes peines pour les pilleurs

Pour Benoît Huber, le représentant du préfet, ces nouvelles violences s’expliquent aussi par la fermeté des condamnations prononcées jeudi après-midi par la justice : quatre jeunes arrêtés lors de pillages ont écopé de peines allant de six mois  deux ans de prison ferme.

C’est une manifestation contre l’essence chère qui a mis le feu aux poudres. Une intersyndicale de routier a bloqué en début de semaine le seul dépôt de carburant de La Réunion. Après la levée du blocage, la population, qui avait rejoint le mouvement, est restée sur place et les violences ont éclaté le soir même, notamment dans le quartier sensible du Chaudron, à Saint-Denis de La Réunion.

Réunion cruciale vendredi

Pour tenter d’apaiser l’île, une réunion cruciale doit avoir lieu à la préfecture vendredi. Au programme : le prix du carburant, mais aussi la vie chère de manière générale. Le président de la région, Didier Robert, a laissé entrevoir jeudi une baisse du prix de l’essence de 5 centimes. La présidente du conseil général Nassimah Dindar, a de son côté proposé de financer un "tarif social" de l’eau, de l’électricité, de la téléphonie et d’Internet, assortis d’un gel des loyers dans les logements sociaux.

Les partis de gauche demandent quant à eux une aide exceptionnelle de l’Etat. Le PS veut ainsi un "panier de la ménagère au prix de la métropole", et le PCF veut une "prime de vie chère de 200 euros mensuels". Le thème de la vie chère revient régulièrement dans les mouvements de protestation dans l’île, également très fortement touchée par le chômage : 60% des jeunes y sont sans emploi.