Les Tiberi (encore) face à la justice

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Les Tiberi (encore) face à la justice
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Ils connaîtront mardi la décision de la cour d'appel dans l'affaire des faux électeurs à Paris.

Illustration des lenteurs de la justice dans les affaires politico-financières, le procès des époux Tiberi pourrait trouver son épilogue mardi avec la décision de la cour d'appel de Paris. Plus de quinze ans après les scrutins litigieux, Jean et Xavière Tiberi sont rejugés dans l'affaire des faux électeurs du Ve arrondissement de la capitale.

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Ce qui leur est reproché. L'ancien maire de Paris Jean Tiberi, 78 ans, son épouse Xavière, 76 ans, et sa première adjointe dans le Ve, Anne-Marie Affret, 74 ans, ont été rejugés en novembre pour l'inscription frauduleuse sur les listes électorales de proches, sympathisants du RPR et autres personnes ne résidant pas dans l'arrondissement, aux municipales de 1995 et législatives de 1997. Certains inscrits étaient même décédés lors des élections. Les électeurs ayant accepté ce pacte de corruption clientéliste auraient bénéficié en échange d'une place en crèche, d'un emploi ou d'un logement. L'avocat général,  Bernard de Gouttes, avait décrit Jean Tiberi comme le concepteur d'une "opération massive d'inscriptions frauduleuses", dont les "maîtres d'oeuvre" étaient son épouse et sa première adjointe.

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Ce que les accusés répondent. Le couple n'a cessé de réfuter toute implication dans cette fraude, qualifiant de "mensonges" tous les témoignages d'anciens collaborateurs les mettant en cause. Y compris ceux de leur première adjointe dans le Ve, Anne-Marie Affret, qui a reconnu sa part de responsabilité mais refusé de mettre en cause directement les Tiberi.

Ce qu'ils risquent. L'avocat général a requis la confirmation des 10 mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende infligés en 2009 à l'ancien lieutenant de Jacques Chirac, qui lui avait succédé à la mairie de Paris (1995-2001), ainsi qu'une inéligibilité de 4 à 5 ans (contre 3 ans). Son épouse risque 5 mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende, ainsi que 3 ans de privation des droits de vote.