Les têtes maories rentrent au pays

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Les têtes maories rentrent au pays
@ REUTERS
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La France doit restituer lundi les têtes momifiées à la Nouvelle-Zélande.

Deux siècles après leur mort, les guerriers décapités vont retrouver leurs terres. Lundi, lors d'une cérémonie au musée du Quai Branly, le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand remettra 19 têtes maories au musée Te Papa de Nouvelle-Zélande.

Sept de ces "toi moko" étaient conservées au Quai Branly, qui clôt dimanche une exposition les Maoris,  le reste provenant de différents musées du pays, situés à Marseille, Lyon ou encore Lille.

Bientôt inhumées

Aujourd'hui, les Maoris sont à la recherche de toutes ces têtes. 500 ont déjà été repérées et sont sur le point d'être restituées. Une fois en Nouvelle-Zélande, les dépouilles seront étudiées pour déterminer les tribus dont elles proviennent. Elles leurs seront ensuite rendues, pour être inhumées selon leurs rites.

La majorité des sociétés océaniennes conservaient les crânes séchés de leurs ancêtres et de leurs ennemis. Mais "les Maoris ont perfectionné à l'extrême cette technique", selon Christian Coiffier, ethnologue spécialiste du pacifique Sud. Ces têtes momifiées, ornées de tatouages et scarifications, ont fasciné les explorateurs européens ayant voyagé en Nouvelle-Zélande dès la fin du XVIIIème siècle.

Un commerce juteux

Le premier d'entre eux, le britannique James Cook, est arrivé en 1769. A ses côtés, un botaniste qui échange un caleçon contre une de ces têtes. L'engouement est lancé : des centaines de crânes seront ainsi vendus par la suite aux Européens. Les Maoris, qui récupèrent en échange toutes sortes de produits, dont des armes à feu, en font un véritable commerce. Ils organisent même des raids chez leurs ennemis ou décapitent leurs propres esclaves afin de se procurer davantage de têtes.

Le gouvernement britannique aura beau interdire ce commerce en 1831, les échanges continueront clandestinement bien au-delà de cette date. Des centaines de têtes coupées ont été disséminées à travers le monde.