Les salariés de Technicolor inquiets

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Les salariés de Technicolor inquiets
Le site de Technicolor à Angers compte quelque 300 salariés.@ MAXPPP
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L'avenir des quelque 300 salariés du site d'Angers, qui produit des décodeurs, est incertain.

Sur ce site, fleuron de la ville d'Angers, 3.000 personnes ont assemblé les derniers téléviseurs français dans les années 90. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 350, pour la plupart des femmes, à fabriquer des décodeurs pour Orange. Mais la direction a décidé d'arrêter la production, car le marché part en Asie du sud-est.

Les salariés, dont la moyenne d'âge dépasse les 50 ans, n'auront plus de travail cet été. Martine, interrogée par Europe 1, affiche "43 ans de carrière" et "un seul patron, Thomson", l'ancien nom de Technicolor. "On a les boules", résume-t-elle.

"On veut des actes"

Michel Bouyer, de la CFDT, ne comprend pas : pour lui, Orange, c'est France Télécom, dont l’État est actionnaire. "On tolère qu'on fabrique nos produits dans d'autres pays, à bas coûts", tempête-t-il. "Sauf qu'on a une industrie qui vaut le coup. Aujourd'hui, le site d'Angers est le seul site en France, voire en Europe, qui fabrique des décodeurs. Demain, il n'y en aura plus", lance-t-il.

Quant au débat sur le produire en France, le "made in France", il n'a pas de sens, estime Odile Coquereau, de la CGT. "On entend des candidats politiques qui disent, y compris celui en place, 'il faut que les industries restent en France', mais que fait-il pour qu'elles restent en France ?", s'insurge-t-elle, jugeant que les politiques ont "une responsabilité". "Ce ne sont pas que des discours que l'on veut, ce sont des actes".

La reconversion de l'usine en préparation

La direction assure, de son côté, qu'elle va "préparer la reconversion de l'usine, avec comme objectif de pérenniser un maximum d'emplois". Les salariés, eux, entendent continuer à se battre et ont déjà prévu une manifestation à Rennes, le 24 avril prochain.