Les salariés de STX sont en colère

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Les salariés de STX sont en colère
@ MAXPPP
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Les employés des chantiers navals de Saint-Nazaire sont remontés contre l'indifférence des politiques.

C'est un vent de colère qui souffle sur les salariés des chantiers navals STX à Saint-Nazaire. Les employés des anciens chantiers de l'Atlantique ont appris, jeudi, l'annulation de la commande de deux paquebots de luxe, alors que leur sous-activité laissait déjà augurer des périodes de chômage partiel pour les prochains jours.

Ces bateaux, dont la commande avait été passée en décembre dernier, auraient dû être livrés en 2014 et 2015 à un armateur norvégien, qui a préféré se tourner vers les services de l'Italien Fincantieri, qui, lui aussi victime de sous-charge, aurait cassé les prix, pour rafler les deux paquebots de luxe. Ce sont quatre millions d'heures de travail qui s'envolent d'un seul coup pour ces quelque 2.130 salariés de Saint-Nazaire et quasiment autant de sous-traitants.

"On est sur le cul"

Alors que quelque 9.000 journées de chômage partiel ont d'ores et déjà été programmées pour les mois de mai et juin prochains, ce coup de massue tombe au pire moment.

"Il y a une très grande inquiétude dans tous les ateliers", confirme Gilles Mèze, charpentier depuis treize ans, au micro d'Europe 1. "L'information est tombée assez brutalement. Les gens sont en colère. On tombe de très haut, on est "sur le cul là". On va se battre pour qu'il y ait des commandes, pour qu'il y ait du travail, pour qu'il n'y ait pas de licenciements", promet-il.

"On va se battre", assure Gilles Mèze au micro d'Europe 1.

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"Si on veut remettre les bureaux d'étude au travail, il nous faut une commande avant la fin de l'année", a précisé Christophe Morel, délégué CFDT. Les bureaux d'études avaient en effet déjà commencé à travailler sur les navires norvégiens.

Un appel aux candidats

"Aujourd'hui on se retrouve à l'agonie, c'est le plafond qui nous tombe sur la tête", se désespère encore Joël Cadoret, secrétaire général de la CGT à STX, au micro d'Europe 1. "On était déjà dans une période de sous-activité, on n'a plus de perspectives. Nous sommes dans une situation extrêmement grave", conclut-il.

Les salariés de Saint-Nazaire en appellent donc aux candidats pour trouver une solution. "Dans cette période électorale, nous invitons les politiques à se mobiliser sur la question du soutien à la construction navale", poursuit Joël Cadoret. "C'est quand-même un comble et scandaleux que des commandes comme ça soient annulées. Ça démontre qu'il n'y a aucune volonté, y compris de l'Etat, de soutenir notre chantier", s'indigne-t-il.

Selon les syndicats, la direction de STX pourrait annoncer les premières mesures dès vendredi, lors d'un nouveau comité d'entreprise.