Les salariés de Pôle emploi en grève

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Les salariés de Pôle emploi en grève
Selon la direction, 36,26% du personnel a suivi le mouvement lancé par les syndicats.@ REUTERS
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Ils protestent contre leurs conditions de travail. Leur directeur parle de "discussions possibles".

C'est le mouvement le plus suivi depuis la création de Pôle Emploi. Entre 36,26% et 50% du personnel, respectivement selon la direction et les syndicats, ont répondu à l'appel à la grève. Il s'agit pour les salariés de contester la suppression de 1.800 postes en 2011 et de dénoncer les conditions de travail des agents d'accueil des demandeurs d'emploi. La précédente grève à Pôle emploi, le 8 juin dernier, avait été suivie près de 19% des agents, selon la direction et 25% selon le Snu. Et plus de 400 sites, sur un millier, sont fermés.

"Un bon score"

Pour FO, il s'agit d'un "un bon score" compte tenu du fait que les "précaires" ne sont pas pris en compte dans le comptage des grévistes. Il s'agit de la plus forte mobilisation depuis la création de l'organisme, né de la fusion de l'ANPE et de l'Assedic en janvier 2009 et compte actuellement 49.000 employés.

Une manifestation, regroupant des agents de Pôle emploi de toute la France, a été organisée mardi à Paris. La CGT a fait état de 2.500 à 3.000 personnes, tandis que la police en a dénombré 1.300. Partis de la place de la République en début d'après-midi pour rallier le siège de Pôle emploi, proche de la porte des Lilas, les manifestants ont défilé au rythme de quelques vuvuzelas avec des banderoles telles que "conseillers et chômeurs en colère".

Une "situation explosive"

Les syndicats dénoncent l'augmentation de leur charge de travail, qui nuit selon eux à la bonne prise en charge des chômeurs. Ils mettent en avant une "situation explosive vécue par les salariés et par ricochet sur les services rendus aux usagers".

Des discussions possibles

A la suite de cette journée de mobilisation, Christian Charpy, le irecteur général de Pôle emploi, a affirmé qu'il était "prêt" à des discussions avec les syndicats sur les "conditions de travail" des agents. Il s'est déclaré "prêt à ouvrir début janvier les négociations sur la classification des emplois" qui "n'est plus adaptée" et qui est un "sujet majeur".

"Nous avons encore à faire des progrès, c'est clair, notamment dans la personnalisation de l'accompagnement", a-t-il reconnu sur RTL."Le travail est fait, il est difficile", a ajouté Christian Charpy, qui dit comprendre l'inquiétude des conseillers de Pôle emploi. Il a démenti les informations de presse selon lesquelles les conseillers de Pôle emploi devraient gérer jusqu'à 300 dossiers chacun. "C'est vrai qu'avec l'augmentation du chômage, nous sommes plutôt autour de 105-110, pour certaines personnes on est à 150-200" notamment en région parisienne, a-t-il dit.

Toutefois, a-t-il ajouté, "je ne peux pas répondre favorablement" aux demandes des syndicats qui réclament un maintien des effectifs en CDI et la titularisation des CDD, "c'est juste impossible", a-t-il dit. Christian Charpy a rappelé que la décision concernant les effectifs "relève du gouvernement et du Parlement, c'est une contrainte de l'extérieur". La suppression de 1.800 postes en 2011, décriée par les syndicats, est "inscrite dans le projet de loi de finances", a-t-il précisé. Pour autant, il a assuré qu'elles n'auront pas lieu de manière "brutale". "Il faut qu'en fin d'année nous soyons arrivés à ces suppression de postes, nous le ferons progressivement".