Les routiers entrent en action

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Les routiers entrent en action
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Les opérations escargot viennent s'ajouter aux blocages des dépôts pétroliers.

C'est toute la chaîne d'approvisionnement du carburant en France qui est touchée par le mouvement contre la réforme des retraites : aux raffineries en grève depuis la semaine dernière, viennent s'ajouter les blocages de dépôts pétroliers et désormais les opérations escargot des routiers qui perturbent l'approvisionnement.

Europe1.fr expose dans le détail les actions menées depuis lundi matin à travers la France, région par région.

Dans l'ouest

La mobilisation est massive dans le grand Ouest. Depuis le milieu de la nuit de dimanche à lundi, les deux dépôts pétroliers de Basse-Normandie, à Caen et Ouistreham, sont de nouveau bloqués par des manifestants. Le dépôt de Ouistreham est immobilisé essentiellement par des salariés grévistes des entreprises de transports et celui de Caen par une cinquantaine de salariés de plusieurs branches professionnelles.

A Brest, ce sont les accès au dépôt pétrolier du port qui ont été bloqués tôt lundi matin. Les salariés, appuyés par des étudiants, ont barré les entrées du dépôt pétrolier mais ils en ont été repoussés par les forces de l'ordre. Ils se sont alors repliés vers les deux ronds points menant au dépôt. Mais ils ont de nouveau été délogés par les forces de l'ordre à la mi-journée. Le dépôt pétrolier Rubis, situé sur la zone industrielle de Grand-Quevilly, près de Rouen, a aussi été à nouveau bloqué lundi matin.

Plusieurs dizaines d'opposants à la réforme des retraites ont aussi tenté de bloquer lundi matin deux dépôts de carburant à Dunkerque. Parmi les manifestants : des routiers, des cheminots, ainsi que des employés de Total. La préfecture a confirmé la présence de 80 manifestants.

Et lundi, la raffinerie de Donges - à l’arrêt depuis plusieurs jours - restait bloquée par les salariés et les routiers. La grève y est d'ores et déjà reconduite jusqu'à vendredi.

A Lorient, dans le Morbihan, une trentaine de routiers ont aussi bloqué vers 3h30 un rond-point donnant accès à la zone portuaire d'où ils ont été délogés par la police une heure plus tard. Et vers 6h30, les manifestants ont reçu le renfort des dockers et ont alors bloqué à nouveau les accès à la zone portuaire. En revanche, le dépôt pétrolier était sous le contrôle des forces de l'ordre.

Autre action menée par des routiers : des opérations escargot. L'une a été menée à Rennes.

Les opposants au projet de loi contre la réforme des retraite qui bloquaient depuis dimanche soir les entrées et sorties d'un site logistique à Carbon-Blanc, en Gironde, qui approvisionne en produits frais tous les supermarchés du groupe Auchan dans le sud-ouest, ont en revanche levé le blocus lundi en fin de matinée.

Dans le nord

Des routiers ont mené une opération escargot sur l'A1 pour perturber le trafic, notamment entre Lille et Arras, lundi matin pendant plus de trois heures. Un mouvement qui a occasionné jusqu'à "dix kilomètres de ralentissements", selon le Centre régional d'information et de coordination routières.

Dans l'est

Dans le Bas-Rhin, les salariés de la raffinerie de pétrole brut de Reichstett ont voté lundi matin la poursuite du blocage des expéditions de produits raffinés jusqu'à jeudi, date d'un comité d'entreprise extraordinaire sur l'avenir du site pour lequel le propriétaire suisse Petroplus cherche un repreneur depuis avril 2010. Ce conflit est indépendant des mouvements en cours dans des raffineries françaises contre la réforme des retraites, "même si évidemment cette réforme nous concerne aussi", a indiqué une source syndicale.

Le site de PSA-Mulhouse était bloqué lundi après-midi par des salariés en lutte contre le projet de réforme des retraites. Une soixantaine de militants de la CGT et de la CFDT ont bloqué les trois entrées du site après une première opération de distribution de tracts et de filtrage des véhicules.

Dans le sud

Quant au terminal pétrolier de Port-la-Nouvelle, dans l'Aude, il est également impossible d'accès depuis lundi matin. Des militants de la CFDT et de la CGT empêchent tous les camions de venir se ravitailler dans le cadre de la mobilisation contre la réforme des retraites, selon la CFDT routiers.

Dans l'Hérault, 300 cheminots et routiers en lutte contre la réforme des retraites ont aussi empêché l'accès au dépôt de carburant de Frontignan. Ils ont bloqué les deux routes menant au dépôt. Avant d'être délogés par les forces de l'ordre.

Et des manifestants hostiles à la réforme gouvernementale des retraites ont bloqué lundi matin les voies SNCF dans le Gard et l'Hérault, empêchant tout trafic de trains entre Nîmes et Montpellier et entre Montpellier et Béziers.

A Lyon, une trentaine de routiers ont empêché l'accès pendant plus de deux heures au dépôt de carburant de Saint-Priest dans la nuit de dimanche à lundi pour protester contre le projet de réforme des retraites. Déjà peu après minuit, les manifestants avaient organisé une "opération escargot" depuis la sortie du stade de Gerland, où s'était joué le match de football Lyon-Lille, jusqu'au péage de Villefranche, sur l'autoroute A6. Ils ont ensuite distribué des tracts aux conducteurs routiers pendant une quinzaine de minutes, avant de quitter les lieux avant 3h. La grève à la raffinerie de Feyzin est reconduite jusqu'à mercredi.

Dans la nuit de dimanche à lundi, un barrage filtrant a été installé par des routiers aux entrées du péage d'Avignon-nord, laissant passer les véhicules légers mais bloquant les poids-lourds afin de tenter de les rallier à la cause, a indiqué la gendarmerie du Vaucluse.

Dans le centre

Depuis lundi matin, les routiers ont aussi bloqué l'accès au dépôt pétrolier de Saint-Pierre-des-Corps, près de Tours. "Aucun camion n'entre ni ne sort", a précisé Claude Garou, représentant CFDT. Au Mans, les transporteurs ont établi des barrages filtrants depuis 22h dimanche soir sur les accès à la zone industrielle sud.

Un barrage filtrant a également été mis en place lundi matin près d'Angers, sur une nationale à Saint-Sylvain d'Anjou, par des protestataires contre la réforme des retraites.

En Ile-de-France

Depuis dimanche soir, la raffinerie de Grand-Puits, en Seine-et-Marne, est bloquée. Elle l'était toujours à la mi-journée lundi.

Pendant une heure lundi matin, de 7h à 8h, "une dizaine de véhicules" ont ralenti la circulation sur l'A6, à hauteur de Wissous, dans l'Essonne. D'autres opérations escargot ont été organisées tôt lundi matin à Rennes.

"Notre mobilisation, c’est un coup d’accélérateur supplémentaire". Maxime Dumont, secrétaire général de la CFDT transport - le syndicat majoritaire du transport routier - a prévenu lundi matin sur Europe 1. "On veut apporter notre pierre à l’édifice", a-t-il assuré en se joignant à l’action nationale.