Les recrutements douteux de PIP

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Les recrutements douteux de PIP
@ MAXPPP
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L'entreprise d'implants mammaires recrutait ses salariés sur des critères assez opaques.

Les recrutements effectués pendant des années au sein de PIP peuvent surprendre, si l'on en croit les procès-verbaux d’auditions d’anciens salariés que Le Figaro s’est procurés. Ces témoignages, recueillis par les gendarmes de PACA, sont versés à l'enquête préliminaire ouverte pour tromperie. Il en ressort que, dans de nombreux cas, les embauches s’apparentent à des arrangements avec le fondateur de l’entreprise, Jean-Claude Mas.

Dans l’un des PV par exemple, Gérard, 50 ans, raconte son arrivée dans l’entreprise du Var, qu’il intègre comme opérateur en salle de production dans les années 1990 avant de devenir progressivement contrôleur qualité.

"Mon rôle consistait à contrôler les matières premières, les tester. Nous faisions des études, des recherches pour améliorer la qualité des prothèses", raconte Gérard. Sauf que sa formation initiale n'a rien à voir avec son poste, puisque son seul diplôme est un CAP de cuisinier. Interrogé par les gendarmes sur les formations internes ou externes éventuelles qu'il pourrait avoir reçues, Gérard répond par la négative. "A part la formation de technico-commercial à la chambre de commerce, je n'ai pas été formé aux différents postes occupés", dit-il.

La clé de l'embauche : connaître Jean-Claude Mas

Gérard raconte aussi lors de son audition comment il a été recruté: "lorsque je travaillais à la maison de retraite comme cuisinier, la maman de la compagne de monsieur Mas y travaillait également. Nous avions sympathisé et monsieur Mas m'a proposé un poste au laboratoire".

Cette "cooptation" apparaît dans les différents témoignages comme un élément clé du recrutement des salariés de PIP. Tous indiquent avoir rejoint l'entreprise après avoir connu Jean-Claude Mas ou un de ses proches. Ces relations sont ainsi à l'origine de l'embauche de Mathieu, pâtissier-boulanger devenu assistant de production chez PIP, de Virginie, titulaire d'un CAP d'esthétique en charge de la trésorerie ou de David, ex-soudeur qui occupe à la fin de sa carrière dans l'entreprise le poste de directeur du directoire.