Les policiers masquaient les radars

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Les policiers masquaient les radars
@ Europe 1
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Des policiers, soupçonnés d'avoir "aveuglé" et rendu des radars fixes inopérants, ont été entendus.

Ils voulaient dénoncer anonymement le racket des radars et se retrouvent au cœur d'une enquête de l'IPGN. Trois policiers de la région lyonnaise ont été entendus par la police des polices pour avoir évoqué leur combat contre le racket des automobilistes devant des caméras de télévision du magazine Automoto, diffusé sur TF1. Après plusieurs mois d'enquête, ils ont finalement été retrouvés.

Le témoignage "anonyme". Dans ce reportage diffusé le 11 novembre dernier, c'est le visage flouté et la voix transformée que les deux fonctionnaires expliquent à Denis Brogniart, le présentateur de l'émission, comment ils procèdent pour masquer les radars. "Quand mon collègue s'arrête, je descends, je vais mettre le sac poubelle sur le radar pour le neutraliser. Je le scotche et on reprend la route", détaille l'un des policiers. Denis Brogniart, qui prend bien soin de ne donner aucun détail sur le lieu du tournage, précise alors que la scène dure une minute.

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S'en suit le témoignage de Michel Nowacki, un responsable lyonnais du syndicat Unité SGP police FO. Ce dernier confie à visage découvert "comprendre l'action des policiers". "L'utilité des radars est très contestée voire très contestable, parce qu'on ne regarde que leur taux de rentabilité. Je ne peux pas encourager cela, c'est un acte délictuel. Mais je peux comprendre. Ils en sont arrivés à une exaspération qui aujourd'hui engendre ce genre d'action. Le fait de masquer un radar est la conséquence d'un ras-le-bol des fonctionnaires de police", commente-t-il devant les caméras de TF1.

Radars, l'action de policiers en colère :

Une longue enquête. C'est grâce à ce témoignage que les enquêteurs sont parvenus à retrouver la trace d'un policier retraité et d'un autre appartenant à la brigade motocycliste de la compagnie de CRS 46, basée près de Lyon. Pour les retrouver, les enquêteurs de l'IGPN qui ont mené l'enquête, ont visionné des dizaines de fois les images de l'émission Automoto.

Les enquêteurs sont partis du témoignage du syndicaliste lyonnais. Ils ont ensuite cherché les radars qui n'avaient pas flashé depuis un certain temps dans la région de Lyon et ont fini par repérer les fonctionnaires dans l'Ain, près de Bourg-en-Bresse. Ils ont ensuite épluché les listings des relais téléphoniques du secteur, et c'est là que les numéros des policiers lyonnais ont été détectés. Ces trois policiers, parmi lesquels le responsable syndical, ont été entendus il y a quinze jours. Ils risquent des poursuites judiciaires pour avoir endommagé du matériel appartenant à l'Etat mais surtout des sanctions disciplinaires qui peuvent aller jusqu'à la révocation.