Les policiers en colère à Marseille

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Les policiers en colère à Marseille
Plusieurs centaines de policiers se sont rassemblés devant la préfecture de Marseille pour soutenir leur collègue Eric, grièvement blessé par balle lors d'une fusillade.@ Reuters
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Près de 600 policiers se sont rassemblés en silence, inquiets pour leur sécurité.

C'est désormais le ras-le-bol qui domine dans les rangs des forces de l'ordre marseillaises. En une semaine dans les Bouches-du-Rhônes, trois fusillades ont fait trois morts et deux blessés graves. A Vitrolles, un policier a été grièvement blessé au terme d'une course-poursuite avec des cambrioleurs dans la nuit de dimanche à lundi.

Près de 600 policiers en civil ont donc décidé de se réunir en silence vendredi devant la préfecture de police à Marseille, à la fois pour soutenir leur collègue blessé par balle mais aussi pour dénoncer leurs conditions de travail.

"On vient avant tout comme collègues. Cela fait depuis lundi qu'on se relaie à l'hôpital", explique ainsi Stéphane, un policier de la brigade anticriminalité d'Aix-en-Provence, collègue d'Eric Lales, toujours entre la vie et la mort après avoir été victime d'une rafale de kalachnikov.

Les fonctionnaires n'ont affiché aucune banderole, slogan ou appartenance syndicale, la mobilisation s'étant faite spontanément même si des tracts syndicaux ont circulé par la suite.

Insécurité à Marseille

Les policiers ont également dénoncé la situation des hommes en bleu sur le terrain. "On a en a vraiment marre. Je crois que dans l'échelle de la délinquance, on a franchi un cap ", s'indigne l'un d'entre-eux, Anthony, au micro d'Europe 1. "On manque de moyens, matériel, humain. On est dans des conditions difficiles. Et je n'ai pas l'impression que tout le monde réalise la situation dans laquelle on se trouve", ajoute-t-il.

Les déclarations du ministre de l'Intérieur ont aussi laissé des traces. Claude Guéant avait déclaré vendredi matin que "la situation à Marseille dans le domaine des atteintes à la sécurité du quotidien s'améliore depuis quelques mois".

"On n'a peut-être pas la même vision que notre ministre. D'ailleurs, les faits le démontrent : il y a des règlements de comptes à peu près tous les jours", s'inquiète Anthony au micro d'Europe 1. "Il ne se passe plus une journée à Marseille sans que l'on parle d'un braquage, d'un règlement de comptes ou d'une fusillade à la kalachnikov", confirme l'un de ses collègues, Fabrice Hiller, secrétaire régional du syndicat Unité SGP Police.

Mieux répartir les effectifs

"Il faut faire en sorte d'éviter que de telles armes entrent en France, mettre des effectifs sur la voie publique et ne pas permettre qu'un individu déjà interpellé 40 fois (un des malfaiteurs tué par ses complices à Vitrolles, NDLR) se retrouve au milieu d'une fusillade", a-t-il poursuivi.

"Cette affaire révèle une très mauvaise répartition des effectifs de la police nationale en France et l'absence de réponse pénale depuis des années", a estimé Yves Robert, responsable régional du Syndicat national des officiers de police. Il dénonce aussi un manque de policiers en tenue sur la voie publique dans les quartiers périphériques de Marseille.