Les petits parcs d'attractions menacés

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Les petits parcs d'attractions menacés
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REPORTAGE - Les impôts leur réclament des centaines de milliers d'euros d'impayés.

L'info. Les petits parcs de loisirs craignent pour leur avenir. Alors que leur taux de TVA ne cesse d'augmenter, voilà maintenant que le fisc vient leur réclamer des impayés. La raison : ils ne devraient pas bénéficier du taux de TVA réduit de 7 % mais plutôt être soumis au taux normal de 19,6 %. Le régime fiscal des parcs d'attractions est en effet très complexe : selon que le parc est à thème ou non, selon les types d'attractions proposés ou encore selon qu'on y trouve des évènements culturels, la TVA peut changer du tout au tout. Or, selon le fisc, ces petits parcs de loisirs n'auraient pas les infrastructures, ni même la portée culturelle, de leur rivaux nationaux tels que Disneyland Paris ou le Futuroscope.

140.000 euros d'arriérés. C'est le cas de Caval'Kid, une aire de jeux couverte dans la banlieue de Valenciennes. Cécile Masson, la patronne, s'y est installée il y a sept ans, avec pour objectif de faire fleurir sa petite entreprise. Autant d'espoirs douchés, donc, par le Trésor public, qui lui réclame 140.000 euros d'arriérés. "Je ne peux pas payer ces rappels de TVA et je ne peux pas augmenter de 12 % mes prix d'entrée. Pour moi, ça veut dire une cessation d'activité immédiate, 15 licenciements, et ma ruine personnelle", explique-t-elle au micro d'Europe 1.

"Pas d'autres choix que de fermer". Pour les professionnels du secteur, cette décision, si elle était appliquée, serait une catastrophe. Le Syndicat national des parcs d'attraction couverts pour enfants a d'ailleurs demandé un arbitrage au ministère du Budget, avec l'espoir de faire reculer le fisc. "S'ils nous font passer à 19,6 % de TVA, comme nous n'avons pas les reins aussi solides que les grands parcs, on n'aura pas d'autres choix que de fermer. 140.000, 200.000 euros de redressement, ce n'est pas tenable", s'alarme Brigitte Léonardi, présidente du syndicat.

Pour le public, "la même chose". D'autant que tous y voient une discrimination. "Pourquoi des parcs nationaux comme Disneyland ou des fêtes foraines pourraient bénéficier d'un taux de TVA réduit, et nous non ? On ne fait pas un métier différent", martèle Cécile Masson. D'autant que pour le public, la différence est minime : "les enfants s'amusent toute la journée, comme on peut le faire dans un Disneyland. Pour moi, c'est la même chose, sauf que c'est plus proche", explique ainsi Raphaël, un habitué de Caval'Kid.

Les professionnels attendent maintenant la décision de Bercy pour décider de leur avenir. Et brandissent déjà la menace du chômage : "300 parcs, avec à chaque fois 10 personnes qui travaillent, ça fait 3.000 emplois qui risquent de disparaître", résume Brigitte Léonardi.