Les parents gays privés de faire-part

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Les parents gays privés de faire-part
@ MAXPPP
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Une association s’est vue refuser la publication dans la presse de faire-part émanant de couples homosexuels.

Alors que des dizaines de milliers de personnes ont défilé, samedi, dans les rues de la capitale à l’occasion de la Marche des fiertés lesbiennes, gay, bi et transsexuelles dont le mot d’ordre est "égalité partout et pour tous", l’association de parents gays et lesbiens (APGL), dénonce le refus du journal Le Parisien de publier des faire-part de naissance émanant de couples de même sexe.

Un seul parent officiel

L’affaire débute en milieu de semaine dernière quand l’APGL se voit opposer un refus de publication de la part du quotidien. L’argument invoqué : les faire-part se sont pas conformes à la loi. Si l’association souhaite les publier, il lui faut retirer la mention "leur fils" ou "leur fille", indique le service juridique du journal.

En France, la double parentalité n’est pas reconnue au sein des couples du même sexe. Seul l’un des deux parents est officiellement reconnu en tant que tel. Mais pour l’APGL l’argument juridique invoqué par le journal est infondé et l’association dénonce "une discrimination" envers les parents homosexuels.

Pas de discrimination mais de la neutralité

"La série devait paraître jeudi ou vendredi à l’occasion de la Marche des Fiertés pour dire : les familles homoparentales existent", précise Philippe Rollandin, porte-parole de l’APGL, qui admet en toute transparence que la publication des faire-part s’inscrivait dans une logique militante. L’association souhaitait ainsi annoncer les premières journées européennes des familles homoparentales (JEFH) qui auront lieu les 17 et 18 septembre prochain.

Et c’est cette démarche militante qui a motivé le refus du Parisien. Si le quotidien est responsable des contenus qu’il publie, ce n’est pas tant l’argument juridique qui est mis en avant par l’avocat du journal, que l’acte militant que représente la publication des faire-part. "Publier ces faire-part, c’est prendre partie dans ce débat de société", explique Basile Ader, avocat du quotidien. "Or, le journal, même s’il ne s’oppose pas aux revendications faites par ces couples, tient à rester neutre", poursuit-il.

Mais pour l’association, l’argument de neutralité ne tient pas. "On ne demande pas au Parisien d’être militant, mais juste de faire son travail d’information", explique Philippe Rollandin le porte-parole de l’APGL, qui prévient que, face à ce refus, l’association ne restera pas "sans réagir".

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