Les juges mis au défi d'acquitter Carlos

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Les juges mis au défi d'acquitter Carlos
Etrillé par le réquisitoire du parquet général, Carlos a pu se requinquer mercredi à l'écoute des premières plaidoiries de la défense.
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Les avocats du Vénézuélien, jugé pour quatre attentats, ont plaidé l'acquittement mercredi.

L'heure du verdict approche. Alors qu'une peine de réclusion criminelle à perpétuité assortie de 18 ans de sûreté a été requise mardi à l'encontre de Carlos, ses avocats ont tenté de convaincre une dernière fois les juges de la cour spéciale d'assises de Paris d'acquitter le Vénézuélien, jugé pour quatre attentats commis en France il y a 30 ans, mais à la dangerosité toujours "actuelle et absolue", selon l'accusation.

L'accusation "ne tient pas debout"

Me Francis Vuillemin, l'un des avocats d'Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, a mis les juges au défi d'"acquitter" Carlos. "Vous avez une occasion unique, spectaculaire de frapper très, très fort en fracassant ce dossier virtuel au nom d'une certaine idée de la justice", a lancé Me Vuillemin au terme de plus de quatre heures de plaidoirie. "Parce que vous le pouvez, vous le devez. Osez acquitter Carlos !", a conclu le premier des deux avocats de Carlos.

Me Vuillemin s'est aussi employé à déconstruire une à une les charges d'une accusation "qui ne tient pas debout", faute de preuves "solides". "Un château de cartes qui peut s'écrouler" devant l'analyse de "magistrats impartiaux". L'avocat a dénoncé un dossier "sans aucun témoin ni preuve scientifique, fondé exclusivement sur des archives indicielles sans fiabilité", "caviardées" et "reconstituées".

L'avocat a par ailleurs rappelé que l'Allemagne avait en 2004 acquitté Johannes Weinrich, le bras droit de Carlos, de trois des quatre attentats - Paris (rue Marbeuf), Marseille (gare Saint-Charles) et Tain-l'Hermitage (TGV) - jugés par les assises. La justice allemande avait mis en exergue l'absence de témoin fiable et estimé que les archives des services de l'Est étaient sans valeur probante.

Carlos confiant

Comme rarement depuis le début du procès, Carlos a cessé mercredi de prendre des notes sur ce qui s'est dit à la barre et de relever la moindre erreur de date, de nom, de lieu. Le Vénézuélien de 62 ans sait en effet qu'il peut faire entièrement confiance à ceux qui ont la parole depuis mercredi.

La seconde avocate de Carlos, Me Isabelle Coutant-Peyre, plaidera jeudi matin. La cour envisage de donner la parole à Carlos en début d'après-midi avant de délibérer dans la foulée. Le verdict devrait être connu jeudi soir ou vendredi matin.