Les hôpitaux français dégradés

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Les hôpitaux français dégradés
L'agence de notation Moody's a abaissé samedi l'évaluation de certains hôpitaux français@ Max PPP
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L'agence de notation Moody's a abaissé samedi l'évaluation de certains établissements.

Moody's poursuit sa série de dégradation. Samedi, l'agence de notation a annoncé avoir abaissé la note des Centres Hospitaliers Régionaux Universitaires (CHRU) de France. Elle justifie sa décision par la situation financière de certains établissements, notamment de l'Outre-Mer.

"Surveillance négative" pour les hôpitaux

Ils passent ainsi de "Aaa" à "Baa1" et sont placés sous "surveillance négative". Les Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) voient également leur note rétrogradée de "Aaa" à "A1" et sont eux aussi placés sous "surveillance négative.

Pour le président de la Fédération hospitalière Française, Frédéric Valletoux, cette dégradation est une très mauvaise nouvelle. Les hôpitaux risquent d'avoir encore plus de mal à emprunter auprès des banques (et donc à fonctionner), or "ils recherchent 3,1 milliards d'euros de liquidités bancaires", assure-t-il sur Europe 1.

"Une situation de tension financière extrême"

"Il y a aujourd'hui une situation de tension financière extrême dans les hôpitaux. On est dans des situations d'extrême urgence où certains pourraient ne plus pouvoir faire face à des pics de dépenses notamment au moment de verser les salaires", alerte Frédéric Valletoux. "Il faut que les pouvoirs publics se saisissent de la question avant qu'une catastrophe arrive. On sait que certains établissements attendent la rentrée avec frayeur", ajoute-t-il.

Moody's justifie la dégradation en soulignant d'abord la "détérioration rapide de la situation financière de certains hôpitaux" français, et cite notamment le CHU de Fort-de-France en Martinique. Les difficultés de cet établissement ont eu un "impact négatif" sur l'évaluation des autres, note l'agence.

"Un contrôle du gouvernement sur les hôpitaux publics moins efficace"

Plus généralement, cette situation s'explique par "un contrôle du gouvernement sur les hôpitaux publics moins efficace que ce qui avait été anticipé initialement", et une "pression particulièrement forte sur la trésorerie des hôpitaux publics", selon Moody's. En outre, l'objectif de retour à l'équilibre en 2017 que s'est fixé la France va accentuer cette pression financière, en imposant de nouvelles "contraintes budgétaires sur les transferts de fonds publics" vers le secteur hospitalier, estime également Moody's.