Les HLM des élus agitent Puteaux

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Les HLM des élus agitent Puteaux
Près de la moitié des membres de la majorité municipale à Puteaux bénéficient d'un logement social.@ MaxPPP
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L’opposition dénonce du favoritisme dans l’attribution de ces logements sociaux.

A Puteaux, l’affaire a un parfum de scandale. En cause, la révélation la semaine dernière de l'existence de logements sociaux dont bénéficie près de la moitié des membres de la majorité municipale UMP.

Tout a commencé le 10 novembre par la publication, sur le blog personnel d’un élu de l’opposition, d’une liste de seize élus de la majorité UMP, sur trente-cinq, vivant selon lui dans un logement social. "Il y a une anomalie statistique qui démontre un système", dénonce Christophe Grébert, l'homme qui a rendu l'affaire publique, au micro d'Europe 1.

"Défendre l'intérêt général"

Parmi les bénéficiaires de ces logements HLM, "il y a un haut fonctionnaire qui gagne très bien sa vie ou un professeur d'université qui, à mon avis, n'est pas smicard", énumère Christophe Grébert. "Je les appelle à renoncer à leur logement social pour permettre à des familles qui ont vraiment besoin d'un logement d'y accéder", demande l'élu. "Ils ont l'obligation de défendre l'intérêt général par rapport à leur intérêt particulier", conclut-il.

Joëlle Ceccaldi-Raynaud nie tout favoritisme

Mise en cause, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, la maire de Puteaux, nie formellement avoir favorisé certains élus. "Depuis que je suis maire et présidente de l'office public de l'habitat (OPH), aucun élu de la majorité que je conduis n'a emménagé dans le parc de l'OPH", a-t-elle affirmé dans un communiqué.

L'édile reconnaît toutefois que quatorze élus de la majorité UMP vivent bien dans un logement social. Mais, selon Joëlle Ceccaldi-Raynaud, ces élus y ont emménagé "bien avant qu'ils n'entrent au conseil municipal". Certains y vivent même "depuis plus de trente ans", explique-t-elle. A l'époque, c'était le père de Joëlle Ceccaldi-Raynaud, Charles Raynaud, qui était le maire de la ville.

La maire de Puteaux va même plus loin. Rappelant qu'un tiers des logements de sa commune sont des logements sociaux, elle se félicite que son conseil municipal "colle à ce point à la réalité sociologique des Putéoliens qu’il représente".