Les gynécos contre les échographies 3D

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Les gynécos contre les échographies 3D
Les médecins mettent en garde contre les échographies en 3D sans but médical.@ FLICKR/ JFOURNIER
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Les médecins mettent en garde contre ces échographies "souvenir" sans but médical.

"Découvrez votre bébé avant sa naissance", "contemplez votre bébé en 3D et en 4D "... Sur Internet, les publicités des sociétés spécialisées dans les échographies de spectacle se multiplient. Pour moins de 100 euros, les futurs parents peuvent ainsi découvrir une image de synthèse de leur futur enfant. Mais des gynécologues ont tiré lundi le signal d'alarme : selon eux, la technique n'est pas si anodine pour le fœtus.

Exposition aux ultrasons trop longue

Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) rappelle que ces échographies n'ont aucune finalité médicale par opposition aux examens de suivi de la grossesse. Or elle peuvent conduire à une exposition du futur bébé aux ultrasons "pendant une demi-heure", a indiqué le Pr Jacques Lansac, qui préside la Commission nationale d'échographie obstétricale et fœtale.

Selon ce spécialiste, cette exposition, qui "se focalise sur la face et les organes génitaux", est "très différente" de l'échographie médicale, où le faisceau d'ultrasons est constamment déplacé, avec une brève exposition de chaque zone. "Les effets thermiques et mécaniques des ultrasons ne sont pas forcément anodins", explique-t-il, en particulier pour le cerveau et l’œil.

Des personnels pas assez formés

Le Pr Lansac dénonce également la manipulation d'appareils d'échographie par des personnes qui n'ont pas de formation médicale. "Il faut réserver l'échographie aux gens qui savent s'en servir, les médecins et les sages-femmes", demande-t-il. En 1962, une loi avait réservé l'usage de la radiographie aux professionnels de santé, mais ne traitait pas de l'échographie qui alors n'existait pas, rappelle le Pr Lansac.

"Tout le monde a dit que ce n'était pas bien, mais personne ne bouge", dénonce le Pr Lansac. Le gynécologue dit attendre une modification de la loi de 1962. "Faudra-t-il attendre que l'on publie des cas d'effet délétère des fortes expositions des fœtus aux ultrasons pour faire cesser ces pratiques commerciales?", s'inquiète le CNGOF.