Les gendarmes jouaient les gros bras

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Les gendarmes jouaient les gros bras
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Les deux militaires sont jugés mercredi. Ils auraient poussé des employés à la démission.

>> L'INFO. Deux gendarmes comparaissent mercredi après-midi devant le tribunal correctionnel Montpellier pour avoir joué les gros bras pour un concessionnaire automobile. Les trois hommes auraient forcé la main de plusieurs salariés pour qu'ils acceptent de démissionner. C'est une enquête de l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGNN) qui avait permis de les identifier à la suite d'une plainte déposée par un vendeur de voitures, en 2011.

La démission ou la batte de baseball. Le concessionnaire voulait s'épargner une procédure de licenciement. Le patron avait donc convoqué, un à un, ses commerciaux dans son bureau. Mais lors de cet entretien un peu particulier, le "boss", s'entourait de deux gorilles pour intimider ses employés. Présentés comme des inspecteurs de police en civil, les deux hommes étaient en fait des gendarmes. Dominique, avec deux autres collègues, a ainsi été obligé de signer sa lettre de démission. "En premier lieu, il a convoqué le chef d'atelier", explique l'homme au micro d'Europe 1. "On lui a simplement dit, que s'il ne démissionnait pas, on allait lui cassé les jambes avec une batte de baseball", ajoute-t-il. "C'était pareil pour moi. Il m'a simplement dit : 'si vous ne démissionnez pas, je serai le pire de vos cancers'".

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© MAX PPP

Pour le commercial, il n'y avait pas d'autres alternatives : "quand vous avez votre patron qui se tient devant vous avec deux cow-boys qui vous menacent derrière lui, vous perdez vos moyens". Alors, Dominique s'est exécuté : "vous n'avez plus de jambes, plus de salive… la seule chose que vous pouvez faire c'est prendre une feuille de papier et remplir une lettre de démission", déplore l'homme.

Une affaire de gros sous ? Si les deux gendarmes reconnaissent s'être renseignés pour le concessionnaire sur le profil de certains salariés, ils nient avoir participé à ses entretiens. Pour l'avocat des deux militaires de la section de recherche, c'est d'abord une histoire de gros sous. "Les gendarmes ont fait les imbéciles", concède le conseil avant de contre-attaquer au micro d’Europe 1, "en face on essaie de profiter de cette imprudence de mes clients de façon surdimensionnée, d'abord pour masquer ce que l'entreprise leur reprochait, en suite, pour battre monnaie devant le conseil des prud'hommes".

En cas de condamnation des gendarmes devant le tribunal correctionnel, les plaignants devraient en effet logiquement se tourner vers les prud'hommes. Certains demandent déjà près de 150.000 euros d'indemnités.