Les Français de Guantanamo rejugés

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Les Français de Guantanamo rejugés
La cour d'appel de Paris rejuge cinq Français partis en Afghanistan pour se former au combat puis arrêtés par les Américains pour être détenus à Guantanamo.@ REUTERS/MAXPPP
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Leur premier jugement annulé, ils retournent devant la justice à partir de jeudi.

Le procès pour terrorisme de cinq Français détenus à Guantanamo entre 2002 et 2004 s'est ouvert jeudi devant la cour d'appel de Paris, en l'absence des prévenus. Ces derniers ont choisi de ne pas assister à cette énième audience, tout comme ils l'avaient fait au dernier procès devant la cour d'appel de Paris.

Une première condamnation annulée

La première condamnation des cinq hommes remonte à la fin 2007. Le 19 décembre, le tribunal correctionnel de Paris les avait jugés coupables d'avoir rejoint entre 2000 et 2001 l'Afghanistan afin de se former au Djihad, la guerre sainte. Le tribunal avait condamné Brahim Yadel à cinq ans d'emprisonnement, dont quatre avec sursis, et Mourad Benchellali, Nizar Sassi, Khaled Ben Mustapha et Redouane Khalid à quatre ans de prison, dont trois avec sursis.

Finalement, la cour d'appel de Paris avait infirmé en février 2009 le jugement de première instance au motif que la procédure d'enquête avait été irrégulière, notamment parce que les services de renseignement français avaient interrogé les cinq hommes à Guantanamo hors cadre judiciaire. Mais le ministère public, mécontent, s'est pourvu en cassation et a obtenu l’annulation de la relaxe.

“Ils l’ont payé au-delà du prix, entre guillemets, raisonnable“

La justice a donc organisé un nouveau procès, ce qui irrite l’avocat des prévenus, Me William Bourdon, qui réclame le droit pour ses clients à tourner la page. “Ils savent bien qu’ils ont fait une erreur, ils l’ont payé au-delà du prix, entre guillemets, raisonnable, bien au-delà. Ils n’ont pas rejoint les mosquées, pas basculé dans le fanatisme“, avance-t-il.

Et l’avocat de poursuivre en rappelant que les services français les ont interrogés en dehors de toute procédure légale. “Ils sont très courageux et on oublie à quel point, dans la lutte contre le terrorisme, il y a des victimes innocentes, latérales, muettes, dont tout le monde se fiche. C’est-à-dire ces dizaines de jeunes français musulmans qui ont été innocentés après des années de détention, qui reconstruisent leur vie extrêmement difficilement et qui n’intéressent strictement personne“, regrette Me William Bourdon.