Les étudiants se forment peu à l'étranger

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Les étudiants se forment peu à l'étranger
Aujourd'hui seuls 16% des étudiants partent à l'étranger pendant leurs études.@ Max PPP
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Moins de 2% des jeunes de 15 à 29 ans bénéficient d'un dispositif de voyage à l'étranger.

Les jeunes français n'ont pas assez la bougeotte. C'est du moins ce qu'en conclut le rapport du Conseil économique, social et environnemental, rendu public jeudi. Selon cette étude, moins de 2% des quelque 11.280.000 jeunes âgés de 15 à 29 ans ont bénéficié, l'an dernier, d'un dispositif permettant d'effectuer un stage ou un stage à l'étranger.

Des exigences administratives très lourdes

Un constat transposable au déplacement à l'intérieur du pays. En effet, un lycéen ou un étudiant va préférer "une formation près de chez lui à celle qui lui correspondrait le mieux dans une autre région", selon le CESE. "Compte tenu du contexte économique actuel", c'est trop peu, déplore Jean-Paul Delevoye, président du CESE, cité par Le Parisien.

Une situation pénalisante, "car les expériences à l'étranger ont une incidence sur le niveau d'emploi, la rémunération et le déroulement de carrière", souligne Jean-François Bernardin, rapporteur de l'avis du Cese.

Plusieurs facteurs permettent d'expliquer ce manque de mobilité des jeunes en France. Notamment la complexité des démarches à entreprendre pour bénéficier d'un dispositif de voyage à l'étranger. Autre frein à la mobilité des jeunes, les stages à l'étranger ne sont parfois pas validés en France. S'ajoute à cela des contraintes financières, liées aux coûts de transports et de logements.

Pour permettre plus de lisibilité dans les dispositifs, il propose la création d'un portail unique d'informations dédié à la mobilité.

Méconnaissance des dispositifs

Pour l'heure, seul un cercle très restreint de jeunes bénéficie de ces dispositifs. Ainsi, le jeune Français qui a la chance de partir étudier à l'étranger est généralement un étudiant de niveau master ou doctorat, et, dans la grande majorité des cas, élève d'une grande école. Ces dernières nouent en effet davantage de partenariats à l'étranger. 82 % des élèves des grandes écoles partent à l'étranger, alors que seulement 33 % des étudiants de l'université le font.

Pourtant, en dehors des grandes écoles, de nombreux dispositifs alternatifs existent pour favoriser la mobilité des jeunes. A l'instar des célèbres échanges Erasmus - qui ne touchent que 8% des inscrits dans le supérieur - il existe également Comenius, un dispositif à destination des collégiens et des lycéens, ou encore Léonardo pour les apprentis.

Vers un seuil de 10% d'étudiants à l'étranger

Pour renverser la tendance, le CESE demande au gouvernement de fixer un seuil minimum de 10 % de jeunes qui devront avoir effectué une mobilité à l'étranger, à l'horizon 2020, rapporte 20 Minutes. Le CESE réclame également un véritable effort en faveur de l'apprentissage oral des langues étrangères.

Concernant les déplacements à l'échelle nationale, le Conseil préconise la mise à disposition de moyens de transport pour tous les jeunes et une généralisation des aides à l'obtention du permis de conduire.