Les ERS en question

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Les ERS en question
Le gouvernement a promis des moyens supplémentaires si nécessaire dans les ERS@ MAXPPP
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Plusieurs Etablissements de réinsertion scolaire ont fait la une de l'actualité ces dernier jours.

A peine trois mois après la rentrée scolaire, les Etablissements de réinsertion scolaire (ERS) créés en septembre font polémique. Deux d'entre eux ont connu des incidents la semaine dernière. Pour autant, le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, n'envisage pas leur suppression.

A Craon, les enseignants du collège Volnay ont déposé lundi un préavis de grève pour le 25 novembre. Ils veulent dénoncer "les dysfonctionnement importants" de l'ERS qui a ouvert dans leur établissement. La semaine dernière, des altercations avaient eu lieu entre des élèves du collège et de l'ERS. A Portbail dans la Manche, des élèves de l'ERS s'en étaient pris à la voiture d'un éducateur et à un serveur d'un café de la station balnéaire.

"C'était sans doute des bêtes curieuses"

Pour Zélia Malhaire, professeur au collège Volnay de Craon, le problème est que l'accueil des élèves de l'ERS n'a pas été préparé. "On ne savait pas quand ils arrivaient exactement. Rien n'a été préparé en amont quant à leur accueil. Du coup, c'était sans doute des bêtes curieuses", dénonce-t-elle sur Europe 1.

Certains des fauteurs de troubles ont été renvoyés dans leur département d'origine, la Seine-Saint-Denis. Mais sur le terrain, on continue à soutenir ces établissements. Guy Cholot, le maire de Portbail, encourage "le projet sur le fond", à condition qu'il bénéficie "d'un encadrement beaucoup plus soutenu". "Les jeunes en réinsertion étaient encadrés par d'autres jeunes issus du service civique sans formation particulière", dénonce-t-il.

A Saint-Dalmas de Tende, l'expérience se passe plutôt bien. L'ERS de ce village de l'arrière-pays niçois est le premier à avoir ouvert en septembre. Après quelques altercations et vols chez les commerçants, les choses se sont apaisées.

"Il est normal qu'il y ait un temps d'adaptation"

Luc Chatel, tout juste reconduit au ministère de l'Education nationale, se penche sur le dossier. Il assure que le gouvernement est prêt à renforcer les moyens, si nécessaire. En tout cas, pas question d'abandonner les ERS. "Il est normal qu'un projet tellement ambitieux ne soit pas facile à installer (...), il est normal qu'il y ait un temps d'adaptation", a affirmé de son côté l'inspecteur d'académie de Seine-Saint-Denis, Pascal Auverlot.

Les ERS sont des internats regroupant pendant un an un petit nombre d'élèves âgés de 13 à 16 ans ayant fait l'objet de multiples exclusions. Ils "accueillent des collégiens en difficulté scolaire et sociale, dont le comportement nécessite un éloignement et une prise en charge différente", écrit le ministère sur son site. Le gouvernement affirme que dix ont été ouverts depuis la rentrée, mais refuse d'en donner la liste.