Les blouses blanches en colère

  • A
  • A
Les blouses blanches en colère
Les semaines de travail des internes durent parfois jusqu'à 90 heures.@ Max PPP
Partagez sur :

Les hôpitaux pourraient être affectés par la grève des internes, rejoints par les chirurgiens.

Ils sont 15.000. 15.000 à travailler 90 heures par semaine, de jour, de nuit, le week-end quand il le faut, à sauver des vies, le tout pour à peine plus d'un Smic mensuel. Eux, ce sont les internes en médecine, des étudiants ayant déjà fait six années d'études et qui, pour compléter leur formation, travaillent dans les hôpitaux.

Lundi, ils prévoient de faire grève afin d'obtenir une amélioration de leurs conditions de travail. Antoine, interne en chirurgie, raconte au micro d'Europe 1 la galère des journées à rallonge : "ça arrive de travailler deux nuits d'affilée. Un lendemain de garde, ont peut enchaîner sur une journée complète au bloc opératoire, on rentre chez soi à 22 heures, et on est rappelé en pleine nuit"."On travaille en moyenne entre 80 et 90 heures par semaine. Mais ça ne descend jamais au-dessous de 70 heures", souligne-t-il.

"Ça peut mener à des situations dramatiques"

Quant aux journées de récupération, pourtant obligatoires après 24 heures de garde successive, Antoine regrette qu'elles ne soient pas mieux respectées. "Ça peut mener à des situations dramatiques. C'est arrivés à certains collègues d'oublier de represcrire un traitement vital pour le malade…"

Autre sujet de colère pour les internes : un projet de loi du gouvernement, qui pourrait les obliger à s'installer dans des déserts médicaux à la fin de leurs études. "C'est une mesure profondément injuste", s'insurge Antoine. "A l'âge de trente ans, après douze années d'études, je pense qu'on a le droit de décider de fonder une famille ou de s'installer là où on a envie. D'autant qu'il y a déjà un concours à la fin des études, qui nous autorise -ou pas- à nous installer dans certaines régions."

Les chirurgiens eux aussi en grève

Pour obtenir gain de cause, Antoine envisage donc de descendre dans la rue lundi midi, et même, fait extrêmement rare, de recommencer toute la semaine si besoin est. Comme lui, plus de 5.000 internes sont d'ailleurs attendus.

Ils ne seront d'ailleurs pas les seuls. Chirurgiens libéraux, radiologues, ophtalmos envisagent eux aussi de faire part de leur ras-le-bol. Pour eux, le problème n'est pas le nombre d'heures travaillées, mais l'accord sur les dépassements d'honoraires, signé fin octobre, qu'ils jugent trop contraignant. 70 % des cliniques privées de France devraient être affectées. Et s'il n'y a aucun risque de trouver la porte des urgences fermées, les interventions chirurgicales bénignes pourraient, elles, être reportées. L'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, qui regroupe 37 établissements, a d'ores et déjà indiqué que certaines activités seraient déprogrammées.

Comme l'explique Guy Birenbaum dans sa chronique, les médecins ont notamment utilisé Facebook pour exprimer leur ras-le-bol :