Les beuveries post-bac inquiètent
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La Prévention routière s'inquiète du nombre de lycéens qui prendront la route vendredi soir.

Ils étaient plus de 700.000 lycéens à passer les tant redoutées épreuves du baccalauréat cette semaine. Après avoir planché sur les écrits et en attendant les épreuves orales, nombre d'entre eux devraient décompresser vendredi soir et profiter du week-end pour faire la fête. Un programme qui inquiète les associations Prévention routière et Assureurs prévention, qui lancent une opération Fin du bac.

"On va évacuer la pression avec l'alcool"

Selon une étude menée par ces deux associations, un candidat au bac sur deux a l'intention de sortir vendredi soir et de se déplacer en voiture ou en deux-roues. Et pendant la soirée, l'alcool devrait couler à flot. "On va évacuer la pression avec l'alcool. Toute notre vie, on nous a dit qu'il fallait avoir le bac. Là, on sait qu'on quitte le lycée, donc c'est parti !", explique un lycéen sur Europe 1. "On va aller en boîte, danser. Il va y avoir des bonnes cuites, quelques dégâts", renchérit l'une de ses camarades.

Le problème c'est qu'un tiers de ces 350.000 jeunes n'a pas anticipé la fin de la soirée et n'a rien prévu pour rentrer chez lui. Si les lycéens assurent avoir conscience des dangers de l'alcool, les conséquences d'une forte alcoolisation semblent rester très théoriques, regrettent les deux associations. La Prévention routière rappelle que les accidents de la route sont la première cause de mortalité des 18-24 ans - 800 jeunes meurent chaque année. Et dans 40% de ces accidents mortels, l'alcool est impliqué. L'autre inquiétude, c'est le jeune âge de ces conducteurs. Les futurs bacheliers, qui n'ont souvent pas leur permis depuis longtemps, n'ont pas encore acquis tous les réflexes.

"Celui qui conduit c'est celui qui ne doit pas boire"

Pas question pour autant de priver ces jeunes de fêter la fin de cet événement. Boire, pourquoi pas ? Le plus important est d'avoir prévu une solution de retour, explique sur Europe 1 Jean-Yves Le Salün, délégué général de la Prévention routière. "L'idée n'est pas de leur dire de ne pas faire la fête - ça n'aurait pas beaucoup d'efficacité. Mais si on fait la fête, il faut aussi prévoir son retour de soirée, soit en transports en commun, soit en dormant sur place ou encore en désignant un capitaine de soirée. Celui qui conduit c'est celui qui ne doit pas boire, pour ramener les autres en sécurité et les retrouver vivants le lendemain matin", poursuit-il.

Quant aux parents inquiets pour la sécurité de leurs ados, la Prévention routière leur conseille de venir chercher les à la fin de la soirée ou de leur payer un taxi.