Les antibiotiques bientôt vendus à l’unité ?

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Les antibiotiques bientôt vendus à l’unité ?
Il en sera peut-être bientôt fini des boîtes de médicaments.@ MAXPPP
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3’ CHRONO - Les députés ont voté la mise en place d’expérimentations pour éviter le gaspillage.

L'Assemblée nationale a donné vendredi son feu vert à des expérimentations de vente à l'unité de certains antibiotiques, afin d'éviter leur gaspillage ou une automédication dangereuse. Si un tel système existe à l’étranger, notamment en Allemagne, il est complètement inédit pour la France.

>>> Europe1.fr détaille en trois minutes les principaux enjeux de la décision.

Dans quel cadre ? Ces expérimentations se dérouleront avec des pharmacies volontaires, dans des conditions fixées par décret pour 2014. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a souligné que l'expérimentation serait encadrée par "des règles extrêmement strictes".

"Nous pensons que 200 pharmacies seront volontaires", a précisé vendredi Catherine Lemorton, présidente (PS) de la Commission des affaires sociales et elle-même pharmacienne, tout en s'interrogeant elle aussi sur les modalités pratiques.

Pourquoi ? "Un médicament sur deux n'est pas consommé", entraînant de la pollution lorsqu'ils sont jetés, des gaspillages et de l'automédication lorsqu'ils restent dans les placards, a fait valoir Marisol Touraine.

Le fait de ne donner que ce que ce dont le patient a besoin évite ainsi une consommation non nécessaire. A terme, l’objectif est de lutter contre "un phénomène de résistance" du corps humain aux antibiotiques. Un résistante "qui devient préoccupante", a relevé la ministre.

Quels risques ? La distribution de médicament à l’unité pourrait avoir certains effets néfastes. Les députés de l’opposition avancent notamment que cela pourrait poser problème concernant les notices ou encore l’observance des prescriptions des patients. "Dès lors que le médicament est délivré à l'unité, sa traçabilité est nécessairement affaiblie et les circonstances qui peuvent conduire à une confusion des médicaments sont beaucoup plus nombreuses", a affirmé vendredi soir Bernard Accoyer, député UMP, à l'ouverture du débat sur cette disposition.