Les agriculteurs ne connaissent pas la crise
Les agriculteurs ne connaissent pas la crise

ENQUETE - Les marchés agricoles décollent. De quoi rendre le sourire aux agriculteurs.

Alors que la faillite de la Grèce, la récession de l'Europe ou encore la perte du triple A font la Une des journaux, les agriculteurs eux ont le moral. Les marchés mondiaux agricoles sont en forte hausse et pour la première fois depuis une dizaine d'années, les salaires des exploitants agricoles augmentent. Europe1 est allé à la rencontre d'un agriculteur, propriétaire d'une exploitation dans la Marne.

Il y a trois ans, Bernard voulait tout plaquer. Il souhaitait vendre ses vaches et quitter son métier d'agriculteur qui lui rapportait très peu malgré des heures de travail importantes. Depuis la crise de la vache folle en 2000, Bernard gagnait moins d'un Smic par mois, pour 60 heures de travail par semaine.

"C'est la première année où je vends les animaux aussi chers"

Mais il y a six mois, tout a changé. "Ca va quand même sérieusement mieux. Je suis éleveur depuis 30 ans et je crois que c'est la première année où je vends les animaux aussi chers : 4,10 euros le kilo contre 3,50 l'année dernière. Même quand il y avait les francs, je n'ai pas connu ça", témoigne Bernard, au micro Europe 1, le sourire aux lèvres. Ses revenus ont fait un bond de 30%  pour s'établir à 1.500 euros par mois, du jamais vu.  

"On revient à un niveau de revenus meilleur mais il faut rester vigilant car les marchés sont très volatiles", a tempéré le président de la FNSEA, Xavier Beulin, sur Europe1 vendredi.

Le cas de Bernard n'est pas isolé. Céréales, lait, viande, les prix sur le marché mondial sont quasiment tous repartis à la hausse. Une envolée qui s'explique par le boom de la demande mondiale notamment en Chine et en Inde mais aussi parce que le Brésil et l'Argentine n'arrivent plus à nourrir le monde comme avant, leur propre marché intérieur étant en pleine expansion.

Un bémol toutefois dans ce paysage verdoyant. Les producteurs de fruits et légumes qui affrontent toujours des difficultés depuis la crise du concombre en 2011