Les agriculteurs à l'assaut de Paris

  • A
  • A
Les agriculteurs à l'assaut de Paris
Menés par la FNSEA, premier syndicat agricole, des centaines d'agriculteurs d'Île de France envisagent de bloquer les principaux axes routiers de Paris, jeudi matin.@ MaxPPP
Partagez sur :

Les agriculteurs d'Ile-de-France veulent bloquer des axes routiers majeurs pour faire entendre leur colère contre le gouvernement.

Le rendez-vous. Menés par la FNSEA, premier syndicat agricole, des centaines d'agriculteurs d'Île de France envisagent de bloquer les principaux axes routiers de Paris, jeudi matin. Munis de tracteurs et de camions, ils vont protester contre la fiscalité grandissante, qui menace selon eux les exploitations agricoles. Une manifestation qui se veut historique : cela fait plus de 20 ans que les agriculteurs n'ont pas bloqué les routes autour de Paris. Les organisateurs ont toutefois fait savoir mercredi qu'ils prônaient "plutôt" des barrages filtrants.

agriculteurs,

© REUTERS

"On va bloquer le pays"... "On a trouvé que cette solution là pour se faire entendre. On bloque, on bloque Paris", annonce ainsi sur Europe1 Pierre Bot. "Il y aura des agriculteurs, des tracteurs, des chevaux, des camions, des fournisseurs de matériel agricole. Clairement, notre objectif est de bloquer les routes", renchérit-il. "On va bloquer le pays. Bloquer tout les axes de Paris, on est prêt à ça", prévient également François Lecoq, céréalier et secrétaire général de la FNSEA des Yvelines.

... Sans être trop impopulaire non plus. "On appelle plutôt à du filtrant, l'idée c'est de pas être totalement impopulaires, mais de lancer un cri d'alarme", a toutefois indiqué Damien Greffin, président de la Fédération départementale. "Notre volonté c'est que ça ne dure pas trop longtemps, de 7h à la fin de matinée. Mais ça ne sera pas non plus du filtrant partout" a-t-il ajouté, en précisant être en contact avec les forces de l'ordre. "On n'appelle pas à la révolution ni à la guerre civile. Pas question de fumer des portiques, mais dans notre situation, on est obligé d'avoir une action dure et probablement impopulaire", explique-t-il.

Une manifestation aux abords de Paris, en 2010.

© MaxPPP

Les raisons de la grogne. "C'est un ras le bol général", lâche Pierre Bot en guise d'explication. "La réglementation, les contrôles, les taxes, l'écotaxe, la hausse de la TVA… On empile, on empile, on empile", déplore ce jeune agriculteur. "Toute cette augmentation de TVA, le passage de 7 à 20%, sur les engrais, sur les pensions de chevaux, cette écotaxe sur les transports qui va encore alourdir les charges. Et à la fin, c'est le consommateur qui sera pénalisé", poursuit François Lecoq.

"Il faut que Le Foll démissionne". Pour François Le Coq, c'est certain : "il faut que Stéphane le Foll démissionne du gouvernement. Il n'a plus sa place comme ministre de l'Agriculture". Selon un communiqué de la FNSEA, la manifestation porte d'ailleurs un nom : "La 'FOLL' journée du jeudi 21 novembre". "Elle n'est plus un avertissement", prévient d'ailleurs ce communiqué. Et d'assener : "c'est un ultimatum".