Le Tramadol placé sous surveillance
Commercialisé en générique, le Tramadol est également présent dans une vingtaine de médicaments distribués en France. © MAXPPP

L'Afssaps a décidé de surveiller cet antidouleur aux effets secondaires ravageurs.

Depuis le retrait du Di-Antalvic en mars dernier, le Tramadol a été propulsé sur le devant de la scène. Cet antidouleur dérivé de l'opium est très efficace dans le cas de douleurs au dos ou aux articulations.

Commercialisée en générique sous le nom de Tramadol, la molécule est également présente dans une vingtaine de médicaments en France, comme le Topalgic, le Contramal ou Ixprim révèle Le Parisien dans son édition de mercredi.

Mais ses effets secondaires peuvent se révéler dramatiques. Aux vomissements et troubles du sommeil s'ajoutent désorientation et, surtout, une possible addiction redoutable.

12 millions de boîtes vendues en 2011

En deux ans, 35 % des huit millions d'utilisateurs réguliers du Di-Antalvic se sont reportés sur des traitements plus forts, comme le Tramadol. En 2011, plus de 12 millions de boîtes ont été distribuées, soit une hausse de 30%.

Les premières overdoses sont arrivées en France en 2010. "Personne ne m'avait prévenu des effets addictifs. J'ai augmenté les doses et je suis devenu complètement accro", témoigne dans le quotidien Teddy, 26 ans. A la suite d'un "trou noir de plusieurs minutes" devant sa télé, le jeune homme décide d'arrêter les frais. "Je me suis sevré tout seul pendant dix jours de cauchemar", confie-t-il.

Véritable fléau en Egypte ou à Gaza

Pour prendre la pleine mesure des dégâts que le Tramadol peut causer, il suffit de se tourner vers l'Egypte, la Libye ou encore Gaza, où le médicament est utilisé comme une véritable drogue.

Contre cinq dollars, les Gazaouis obtiennent en pharmacie la plaquette de dix comprimés. Utilisé au départ par les jeunes pour retarder l'éjaculation, le Tramadol est rapidement devenu la pilule de l'espoir. Finies la fatigue ou les douleurs morales causées par la situation locale. "Elle me permet d'oublier mes problèmes", explique au Parisien Ali, 22 ans, qui en consomme depuis quatre ans.

Ce laboratoire à ciel ouvert a permis aux autorités sanitaires d'ajouter une longue liste d'effets secondaires : dépression, fatigue, problèmes rénaux ou intestinaux sont fréquemment diagnostiqués chez ses utilisateurs réguliers.