Le top 4 des fraudes à la carte bancaire
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Avec une augmentation de 30% sur un an, ces fraudes explosent en France.

LE BOOM. 650.000 personnes ont été victimes de débits frauduleux en 2011, contre 500.000 en 2010, selon une étude de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales. Sur un an, la hausse s’élève ainsi à 30%. Et dans 52 % des cas déclarés, les débits frauduleux se matérialisent par un paiement sur internet nécessitant des informations personnelles, pouvant être obtenues par plusieurs biais. Sur Internet comme dans "la vraie vie".

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Quelles sont les 4 principales fraudes à la carte bancaire et comment s'en prémunir ?  Deux experts, Maxime Chipoy, de l'UFC -Que Choisir et Jean-Marc Bornet, administrateur du Groupement de Cartes Bancaires nous apportent leur éclairage.

En ligne

• Le "phishing" ou hameçonnage. Cette tentative de récupération de vos données bancaires se matérialise sur votre boite mail par un courriel ressemblant par exemple à ceux que vous envoie votre banque ou votre opérateur téléphonique. Cet e-mail vous invite à cliquer sur un lien renvoyant sur un site internet où il vous est demandé, pour une raison X, de remplir vos numéros de cartes bancaires. Ces informations confidentielles seront en suite réutilisées par les pirates afin  de régler des achats en ligne à vos dépens. Ce même procédé peut-être utilisé lors d'un paiement en ligne sur un faux site de paiement sécurisé.

Le conseil : "Ne jamais répondre à un mail de ce type. Si un prestataire a besoin de votre numéro de carte bancaire, il vous le fera savoir par courrier ou par téléphone",  a expliqué jeudi Maxime Chipoy de l'UFC-Que Choisir, au micro d'Europe 1. De même, il convient de rester vigilant au moment d'un paiement en vérifiant que la page dédiée dispose d'une adresse sécurisée (commençant par "https" et non le classique "http"). 

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• Les "spyware" ou mouchards. "Ce sont des petits logiciels espions qui s'installent à  votre insu sur votre ordinateur, notamment lors de téléchargements", a indiqué Maxime Chipoy, "ils vont enregistrer toutes les données entrées sur votre clavier, notamment les données de cartes bancaires, qui seront envoyées au fraudeur".

Le conseil : Selon le spécialiste des fraudes aux cartes bancaires en ligne de l'UFC-Que choisir,  il faut "mettre à jour régulièrement ses antivirus ainsi que son moteur de recherche et ses navigateurs internet, qui permettent une assez bonne protection".

Dans la vraie vie

• Le "skimming" au boitier. Il s'agit du piratage d'un distributeur de billets ou d'un terminal de paiement électronique (TPE). Il peut se présenter sous différentes formes,  notamment comme une fausse "bouche" fixée sur la fente d'insertion de la carte bancaire d'un distributeur. Le but : enregistrer les informations contenues sur la bande magnétique de votre carte, à savoir l'identité du titulaire, le numéro de carte, sa date de validité, afin de contrefaire ou de falsifier la carte. Le code confidentiel peut-être récupéré par la personne qui tient le terminal ou une mini-caméra filmant l'usager composant son code.

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• Le "skimming" au clavier ou à la fausse façade.  Dans le même but que le skimming au boîtier, le pirate peut installer une fausse façade de distributeur ou un faux clavier afin d'enregistrer  votre code, couplé à une fausse bouche pour copier les informations de la banque magnétique.

Le conseil : "Il faut tout simplement faire attention, d'abord en protégeant son code secret. Les distributeurs automatiques sont aujourd'hui des appareils très "design" et les faux claviers, plaqués sur le distributeur, peuvent attirer l'attention. Tout est dans l'attention. Lorsque l'on voit quelque chose de bizarre, il ne faut pas hésiter à aller ailleurs pour effectuer son retrait", explique Jean-Marc Bornet, administrateur du Groupement de Cartes Bancaires.   

>> Vigilance et prudence.  PourJean-Marc Bornet,"nous vivons aujourd'hui, avec le développement d'Internet, dans une civilisation et de plus en plus virtuelle, ce qui est formidable. Mais,sans paranoïa, ce changement, doit s'accompagner d'une vigilance croissante et de prudence". Il devient donc primordial de protéger ses données personnelles : "il faut apprendre à protéger son numéro de carte bleue. Ce n'est pas une donnée anodine, c'est même une donnée sensible. Il ne faut pas le laisser traîner et même lorsque l'on donne sa carte à un commerçant il faut empêcher qu'elle disparaisse dans l'arrière boutique".

"Le client n'est pas embêté car il est garantie par sa banque" insiste l'administrateur du Groupement de Cartes bancaires afin de rassurer les usagers. Selon l'étude l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, en 2011, 3 victimes sur 4 ont en effet été remboursées par leur banque.