Le terroriste Aït Ali Belkacem n’a "pas peur" de la mort

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Le terroriste Aït Ali Belkacem n’a "pas peur" de la mort
Smaïn Aït Ali Belkacem, un des auteurs de la vague d'attentats islamistes de 1995 en France, est jugé à partir de mardi devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir tenté de s’évader en 2010.@ Capture écran INA
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EXCLU - L’ancien juge Jean-François Ricard se confie avant le procès pour tentative d’évasion du terroriste.

Un terroriste déterminé. "Au premier coup d'oeil, on ne sait pas à qui on a à faire". Smaïn Aït Ali Belkacem, un des auteurs de la vague d'attentats islamistes de 1995 en France, est jugé à partir de mardi devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir tenté de s’évader en 2010 de la centrale de Clairvaux. L’ancien juge antiterroriste Jean-François Ricard, qui était chargé de l'enquête sur l'attentat de la station du RER Saint-Michel, l’a eu plusieurs fois en face de lui. Il s’est confié à Europe 1 en exclusivité.

"La mort des autres, il la justifie totalement ".  "Aït Ali Belkacem  est quelqu’un de très calme. On peut très bien passer à côté d’un individu comme lui sans le remarquer. En revanche, quand on le connaît un petit peu, on s’aperçoit que sa volonté est sans faille et qu'il est toujours capable d'aller jusqu'au bout. La mort des autres, il la justifie totalement. Sa propre mort, il n'en a absolument pas peur", souligne l’ancien juge anti-terroriste au sujet de l’ex-artificier du GIA, le Groupe islamique armé algérien.

"Sa propre mort, il n'en a absolument pas peur" :



Terrorisme : "la volonté de Aït Ali Belkacem...par Europe1fr

Il voyageait avec une charge explosive amorcée. A l’appui de ses propos, Jean-François Ricard raconte une anecdote très significative. "Quand il commet l’attentat d’Orsay [NDLR : le 17 octobre 1995], Aït Ali Belkacem voyage pendant plusieurs dizaines de minutes avec la charge déjà amorcée. On imagine ce que ça signifie : ces charges explosives sont très sensibles et auraient pu exploser à tout moment. Cet exemple montre la détermination froide de l’intéressé", insiste Jean-François Ricard.  

De même, lors de son interpellation à l’automne 1995 dans la région lilloise, alors qu’il projetait un nouvel attentat sur un marché très fréquenté,  Aït Ali Belkacem a une nouvelle fois montré son jusqu'au boutisme. "Juste après son arrestation, dans le véhicule qui le ramenait à Paris, il a tenté une sorte d’opération suicide en  jetant son pied dans le volant pour projeter le véhicule dans le décor", se souvient Jean-François Ricard.

"S’évader pour continuer le djihad". Connaissant le tempérament de Smaïn Aït Ali Belkacem,  l’ancien juge anti-terroriste n’a donc pas été surpris par la tentative d'évasion présumée de l’ancien terroriste "On peut y voir comme l'accomplissement d'une forme de devoir pour continuer ses projets. S'il s'agit de s'évader, c'est pour pouvoir continuer le jihad, et pas pour pouvoir continuer une petite vie tranquille", assure le magistrat. "Face à une telle détermination, j'ai rarement vu, d'expérience, des individus véritablement changer", conclut l’ancien juge. Et les faits semblent lui donner raison. En mars dernier, Aït Ali Belkacem avait de nouveau fait parler de lui en utilisant de l’explosif pour tenter de faire sauter une porte de la prison de Réau où il était incarcéré. Sans succès.

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