Le stress des policiers passé au crible

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Le stress des policiers passé au crible
La politique du chiffre engagée par le gouvernement accroît-elle le stress des policiers ?@ MAXPPP
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Une étude va être menée pour évaluer l’ampleur du stress dans la profession. Une première.

Les policiers sont-ils stressés ? Pour répondre à cette question, une « vaste étude inédite et scientifique » va bientôt être menée par le CNRS. Le second syndicat français de gardiens de la paix Alliance en a fait l’annonce vendredi lors d’une conférence de presse.

Les chercheurs du CNRS de l'Université de Toulouse/Capitole 1 ont sollicité le syndicat afin que cette "enquête soit largement diffusée auprès des policiers" grâce à son réseau de 4.000 délégués syndicaux notamment. Au total, il est prévu que 120.000 policiers soient questionnés sur leurs conditions de travail.

Un questionnaire sur Internet

Concrètement, il s’agira pour les fonctionnaires de répondre anonymement à une série de quelque 250 questions posées sur Internet sur les "conditions de travail" des policiers, le "stress" ou le "ressenti de l'encadrement". Quelque 5.000 réponses seraient un "bon échantillon", a indiqué Mathieu Molinès, responsable de l'étude au CNRS.

D’après le scientifique, le contexte de l'enquête est celui des "conditions de travail jugées difficiles" des policiers, un "métier dangereux".

Des questions sur leur environnement "parfois hostile", la "pression médiatique", la "charge de travail", l'arme de service et, de manière non directe, la "politique du chiffre" seront ainsi posées outre celles, très nombreuses, sur le "stress".

Objectif : 2012

Les résultats de cette enquête devraient être connus début 2012. La date est stratégique et les instigateurs de l’étude ne s’en cachent pas. Alliance espère en effet tirer des enseignements afin de faire des "propositions concrètes" qui seront adressées au ministère de l'Intérieur.

"S'il apparaît que la politique du chiffre", née de la politique du résultat impulsée par Nicolas Sarkozy lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, "est un élément dénoncé par nos collègues, nous le ferons savoir", a notamment souligné Jean-Claude Delage, le secrétaire général du syndicat.

Les conclusions de cette étude permettront en outre de "questionner également les candidats" à la présidentielle.