"Le roi de la belle" jugé en appel

  • A
  • A
"Le roi de la belle" jugé en appel
@ Capture d'écran Ina
Partagez sur :

Antonio Ferrara est jugé en appel pour sa spectaculaire évasion de la prison de Fresnes.

"Bonjour, monsieur le président". Le "roi de la belle" Antonio Ferrara, est arrivé souriant et décontracté dans le box des accusés, mardi, au premier jour de son procès en appel. Jusqu'au 29 octobre, le braqueur italien, âgé de 36 ans, est rejugé devant la cour d’assises de Paris pour sa spectaculaire évasion de la prison de Fresnes, en 2003 lors d'une opération commando. En première instance, Antonio Ferrara avait écopé de 17 ans de réclusion criminelle.

Son ex-avocat également accusé

"Le roi de la belle", 36 ans, sera rejugé aux côtés de sept hommes qui se seraient rendus complices de sa fuite, parmi lesquels son ancien avocat Karim Achoui, 42 ans.

La justice reproche à ce dernier, qui a toujours clamé son innocence, d'avoir fait transmettre par un collaborateur à Ferrara le "top départ" de l'opération, lors d'un parloir. En première instance, l'avocat avait écopé de sept ans de prison et a passé un mois et demi incarcéré, avant d'être libéré sous caution.

Six autres complices rejugés

Hamid Hakkar, Zaher Zenati, Hamed Illouli, Dominique Battini et Karim Bouabbas, soupçonnés d'avoir participé à l'évasion ou à sa préparation, ont également fait appel de leurs condamnations (de cinq ans de prison à 15 ans de réclusion). Le parquet général conteste l'acquittement de Bachir Airouche, qui sera également rejugé.

Les faits remontent au 12 mars 2003, à 04h15, quand une dizaine d'hommes lourdement armés et cagoulés avaient pris d'assaut la maison d'arrêt de Fresnes. Antonio Ferrara y occupait depuis deux jours une cellule du quartier disciplinaire, proche du mur d'enceinte, où il s'était fait volontairement transférer en refusant une fouille à l'issue d'un parloir.

La spectaculaire évasion de Fresnes

Les assaillants avaient d'abord ouvert des brèches dans les portails à coups d'explosifs et arrosé de tirs d'armes automatiques deux miradors, tandis qu'Antonio Ferrara faisait lui-même sauter fenêtre et barreaux de sa cellule grâce à des explosifs que lui aurait fait passer un surveillant. Ce dernier, Hocine Kroziz, a été condamné à 12 ans de réclusion. Il s'est désisté fin juin de son appel.





En tout, l'opération avait duré une quinzaine de minutes. Après quatre mois de cavale, dont un séjour à Saint-Raphaël (Var), le braqueur était interpellé le 10 juillet 2003 dans un café parisien.

Les dix semaines d'audience, il y a deux ans, avaient été émaillées d'incidents et marquées par un coup de théâtre : le départ de Ferrara, deux autres accusés et leurs avocats, le procès se poursuivant sans eux, situation inédite.

Cette fois, l'accusé vedette, qui a été transféré de sa prison de Lille-Sequedin à celle de La Santé à Paris en prévision du procès, comparaîtra "en toute sérénité", a assuré l'un de ses avocats, Me Lionel Moroni.

Sa défense compte bien se prévaloir de deux récents acquittements dans des attaques de fourgons blindés (Gentilly en 2000 et Toulouse en 2001), pour tenter de gommer son image de braqueur invétéré.