Le rappeur Abdul X a été condamné

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Le rappeur Abdul X a été condamné
Abdul X a été condamné à 120 jours-amende d'un montant unitaire de 10 euros, soit à une amende de 1.200 euros.@ CAPTURE D'ECRAN
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Sa chanson Tirez sur les keufs a été considérée comme incitant à la "commission d'un crime".

Les policiers ont eu gain de cause. Le tribunal correctionnel de Paris a condamné jeudi pour "provocation à la commission d'un crime envers les policiers" Abdul X, un rappeur amateur de Sèvres, dans les Hauts-de-Seine. Sa chanson intitulée Tirez sur les keufs et diffusée sur Internet en 2010 sous forme de vidéo-clip avaient provoqué l’ire de la police. Dans le clip, Abdul X apparaissait brandissant une arme, selon lui factice, et enchaînant des couplets qui promettent aux policiers, qualifiés de "tarbas" - bâtards en verlan - "une balle dans sa race".

1.200 euros d’amende

Pascal Henry, 22 ans, dit "Abdul X", auteur de la chanson incriminée, a été condamné à une amende de 1.200 euros, susceptible d'être commuée en peine de prison si elle n'était pas payée. Massi-Nissa Benzerrouk, 20 ans, qui avait réalisé le clip et l'avait mis en ligne sur YouTube, a écopé d'une amende de 1.000 euros. Les magistrats ont ainsi jugé les deux hommes coupables de "provocation à la commission d'atteintes volontaires à la vie ou à l'intégrité" des policiers. "La liberté de création artistique ne peut valoir excuse absolutoire en l'espèce", écrivent-ils dans leur jugement.

Des poursuites avaient été lancées à leur encontre par le ministère de l'Intérieur pour "injure publique" envers la police, et par le parquet pour "apologie" de crime et "provocation à la commission d'un crime".

Mea culpa du rappeur

Le tribunal a toutefois relaxé les deux prévenus des faits d'injure, estimant que "le terme de bâtard -"tarba" en verlan- a perdu de sa portée outrageante et que, même s'il peut apparaître choquant, il ne dépasse pas les limites autorisées de la liberté d'expression dans un genre musical caractérisé par une certaine forme d'outrance". Il les a également relaxés pour les faits d'apologie de crime.

A l'audience, Pascal Henry avait fait amende honorable. "Si ça a pu blesser, je m'en excuse", avait-il déclaré, assurant qu'il n'avait pas envisagé que cette chanson soit "prise au premier degré" et qu'elle n'était destinée à être vue que par "un cercle d'amis".