Le procureur Courroye s'estime lynché

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Le procureur Courroye s'estime lynché
@ MAX PPP
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Au Figaro, le magistrat annonce sa volonté de s'inscrire au barreau de Paris, s'il est muté.

Philippe Courroye est-il victime d'une sanction disciplinaire ? C'est en tout cas ce que le procureur de Nanterre affirme dans une interview au Figaro, paru mercredi. Philippe Courroye s'oppose au projet de la Chancellerie de le nommer avocat général à Paris - une fonction exercé par un magistrat, qui relève du parquet. "Il s'agit là d'une "procédure d'exception, puisque toutes les mutations à ce jour (...) se font avec l'accord des magistrats", assure t-il au quotidien. 

Courroye évoque un motif politique

Le ministère de la Justice veut le muter en invoquant les procédures pénale et disciplinaire engagées contre lui, notamment dans le cadre de l'enquête dite des "fadettes", sur la violation des sources de journalistes du Monde en marge de l'affaire Bettencourt.

Selon lui, cette mutation obéit à un motif politique. "Depuis quatre ans, mon nom est accolé dans la presse à celui de Nicolas Sarkozy : on a sciemment voulu donner une coloration politique à mon action et à ma personne", accuse-t-il. "Je peux comprendre que le nouveau pouvoir veuille récupérer le parquet de Nanterre, mais il y a des façons de procéder", tonne le procureur, en contestant les raisons censées motiver sa mutation.

Bientôt avocat au barreau de Paris ?

Philippe Courroye annonce qu'il souhaite devenir avocat au barreau de paris, si sa mutation était confirmée. le magistrat affirme avoir "déposé lundi une demande de mise en disponibilité pour pouvoir (s)'inscrire au barreau de Paris en septembre". Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) "doit donner son avis, la décision finale revenant à la Chancellerie : on peut aussi m'infliger la double peine et refuser ma mise en disponibilité", conclut-il.

Par ailleurs, le procureur est convoqué mercredi par un juge d'instruction parisien, qui pourrait le mettre en examen suite à une plainte pour destruction de pièce déposée par Charles Pasqua dans l'affaire de l'Angolagate qu'il avait instruite au tribunal de Paris. "Une note déclassifiée de la DST, censée avoir été adressée à mon cabinet en février 2002, n'a pas été jointe au dossier car elle ne m'est jamais parvenue (...) Aurais-je été assez fou pour solliciter la déclassification d'une note et la passer ensuite à la broyeuse?", s'interroge-t-il. "Ce dossier est vide, cette plainte, dénuée de fondement", affirme-t-il au Figaro.