Le procès Chirac continuera sans lui

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Le procès Chirac continuera sans lui
Me Georges Kiejman est l'avocat de Jacques Chirac, grand absent de ce début de procès.@ REUTERS
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 Europe1.fr vous a fait suivre la première audience du procès des emplois fictifs de la mairie de Paris.

Après 6h30 d'audience, le tribunal a décidé de ne pas faire comparaître Jacques Chirac dans le procès des emplois fictifs de la mairie de Paris. Son état de santé ne lui permet pas de se déplacer. Son procès continuera donc sans lui.

19h : L'audience reprend. Les juges ont décidé d'accéder à la demande de Jacques Chirac. "Le tribunal prend acte de la lettre adressée par Jacques Chirac et compte tenu des pièces versées en plus du courrier, la comparution personnelle ne sera pas demandée", dit le président. "Jacques Chirac sera jugé en son absence", ajoute-t-il.

Les questions de nullité et de constitution de parties civiles sont jointes au fond. Elles seront donc étudiées en même temps que le reste du dossier.

17h36 : Le tribunal se retire pour délibérer. L'audience est suspendue, le temps que les juges délibèrent sur les deux points de procédure soulevés par les avocats : la nullité de la procédure en raison du délai irraisonnable et les constitutions de parties civiles.

17h20 : "Qui est la victime?", demande le procureur. "Uniquement la Ville de Paris", répond-il aussitôt, avant de rappeler qu'elle a conclu un accord, a été indemnisée et s'est désistée. Pour le procureur, les personnes physiques "sont carrément irrecevables", d'autant que certaines ne sont même pas domiciliées à Paris. Quant aux autres personnes morales, elles se présentent dans la "confusion". Pour le procureur, les associations n'ont pas subi de préjudice direct.

"Le ministère public n'a pas à se poser la question de la légitimité de telle ou telle association", dit le procureur, "mais à dire si elles sont recevables ou non. Et pour nous, l'association Anticor n'est pas recevable". Le procureur demande de rejeter toutes les demandes de parties civiles.

16h42 : Les avocats d'Anticor s'expliquent. "On nous reproche de faire de la politique", disent-ils. "Lorsque nous intervenons, notre espoir n'est pas de perturber votre audience. Mais d'avoir un débat contradictoire", ajoutent-ils. "Anticor n'entre pas par effraction dans ce procès. Il est là pour tenir le rôle de la dignité dans ce procès", disent les avocats.

16h25 : Me Kiehjman plaide à son tour contre la constitution de partie civile de l'association Anticor. "Anticor n'a subi aucun préjudice", estime-t-il. Pour l'avocat de Pierre Boué également, les associations qui demandent à être parties civiles n'ont subi aucun préjudice. En conséquence, il demande que le tribunal n'accède pas à leur demande.

15h38 : Le tribunal examine la recevabilité des constitutions de parties civiles. Me Veil indique que l'association Anticor est présidée "de fait" par le juge Halphen, "qui mène un combat personnel contre Jacques Chirac", assure-t-il. "Il est le juge d'instruction par lequel l'affaire est venue", dit-il. "Le code civil est mal fait. Il peut permettre à n'importe qui de se constituer partie civile. Je recommande à ceux qui n'ont pas trouvé de place dans la salle d'audience de se constituer partie civile, ils auront ainsi une place garantie et bien placée", ironise l'avocat.

15h36 : Julien Bayou se désiste de sa constitution de partie civile.

15h26 : Le ministère public répond. La procureure rappelle quelques dates. "Le caractère raisonnable s'apprécie au regard de la complexité de l'affaire", dit la procureure, qui indique que de nombreuses commissions rogatoires ont été menées, et que l'enquête a été longue. "Vous ne pouvez pas faire grief à la justice de son inertie", dit-elle. En conséquence, le ministère public requiert le rejet des demandes de nullité.

15h16 : "Comment osez-vous demander l'application du délai irraisonnable ?", demande l'avocat d'Anticor. Selon Me Karsenti, Jacques Chirac a bénéficié "d'une justice de luxe", qui a respecté son immunité présidentielle pendant 12 ans.

15h10 : L'avocat de François Musso plaide lui aussi le dépassement du délai raisonnable.

14h40 : Me Le Borgne appuie les propos de son confrère. Selon le bâtonnier, "la non comparution de Jacques Chirac est la conséquence du dépassement du délai raisonnable". "Croyez vous qu'on puisse avoir un procès de vérité 20 ans après les faits", demande Me Le Borgne. "'Saviez-vous que cette embauche était fictive ?', cette question ne pourra jamais être posée", regrette-t-il. "Nous sommes dans un acharnement juridique et judiciaire. Je vous demande d'y mettre un terme", demande Me Le Borgne.

14h35 : L'avocat de Jean De Gaulle, Me Chabert, invoque le "délai raisonnable". Selon l'avocat, son client n'a pas été entendu depuis 2003. Il évoque la nullité et au-delà l'extinction de la procédure.

14h28 : Me Kiejman à la barre. "Les défenseurs de Jacques Chirac ne voient aucun inconvénient à une contre-expertise", dit Me Kiejman, avant de mettre en cause l'association Anticor, "des gens portés par leur ego, leur paranoïa narcissique". Le tribunal se prononcera dans la soirée ou mardi.

14h24 : Les avocats de l'association Anticor sont à la barre. "Nous ne souhaitons pas un énième report de ce procès", dit l'avocat de l'association. Mais il demande une contre-expertise médicale pour vérifier si Jacques Chirac est bien dans l'incapacité d'assister aux débats. "Un rapport oral suffirait", précise Me Karsenti et il demande que les résultats soient connus dès mardi.  "Anticor souhaite un procès de la dignité mais aussi de la vérité", dit l'avocat.

14h17. Le juge lit la lettre de Jacques Chirac. "Ma volonté d’assumer ce procès est totale, elle montre que tous les Français sont égaux devant la justice. Je ne pense pas être en situation de d'apporter mon concours (à mes avocats)", écrit Jacques Chirac. Le président indique que le tribunal a aussi reçu trois documents médicaux :  un scanner cérébral du 9 avril 2010, un examen neurologique du 23 juin 2011 et un rapport de quatre pages du professeur Olivier Lyon-Caen, qui indique que Jacques Chirac souffre de "troubles sévères de la mémoire" qui occasionnent "d'importantes erreurs de jugement et de raisonnement".

14h14 : Le parquet demande au tribunal d'accepter que les avocats de Jacques Chirac puissent le représenter pendant le procès. Pour le procureur Michel Maes, l'audition de Jacques Chirac n'apporterait rien de plus à la procédure.

14h05 : Me Veil, l'avocat de Jacques Chirac, est à la barre. "En 2007, Jacques Chirac pouvait assurer sa défense et collaborer avec ses avocats", dit Me Veil. "Son état de santé s'est dégradé. Les plus proches de Jacques Chirac ont décidé de transmettre au tribunal un certificat médical édifiant. J'aurai souhaité qu'il ne souffre pas de fuite", poursuit-il. "Le spectacle donné par les parties civiles aujourd'hui et par le passé justifie la modification de la constitution qui le protège contre les déments et les plaisantins qui voudraient le faire citer devant un tribunal", dit Jean Veil.

Entre 2007 et 2011, l'état de Jacques Chirac s'est particulièrement dégradé, dit son avocat. "Il a été et il est souffrant", dit Jean Veil. "Je demande solennellement un minimum de pudeur et de discrétion", déclare-t-il.

13h56 : Les témoins sont également appelés. Six d'entre eux sont présents. Alain Juppé a fait savoir par courrier au président du tribunal qu'il a déjà tout dit à la juge d'instruction et n'a pas l'intention de répondre favorablement à la convocation. Néanmoins, le tribunal a demandé au gouvernement de pouvoir entendre le ministre des Affaires étrangères. Le conseil des ministres a répondu favorablement à cette demande, indique le président. Alain Juppé, initialement convoqué le 14 septembre, a indiqué que cette date ne lui convenait pas. Le président propose donc le 15 septembre, "sous réserve de tout ce qu'il va se passer", dit le président.

13h51 : Le président liste toutes les parties civiles. De nombreuses associations farfelues, des particuliers et "le roi Jaka 1er"...

13h44 : Le président fait lui aussi l'appel des prévenus. Il vérifie leurs date et lieu de naissance ainsi que leur niveau de revenus. Michel Roussin indique percevoir un traitement de 12.000 euros. Marie-Thérèse Poujade fait, elle, savoir au tribunal par courrier que son état de santé ne lui permet pas d'assister à l'audience.

13h40 : L'audience est ouverte. La greffière fait l'appel des prévenus. L'ex-directeur de cabinet de Jacques Chirac à la Ville de Paris Michel Roussin, le frère du président du Conseil constitutionnel François Debré, le petit-fils du fondateur de la Ve République Jean de Gaulle et l'ancien patron du syndicat FO Marc Blondel sont notamment présents.

13h30 : La salle commence à se remplir de journalistes, d'avocats et de parties civiles. Le conseiller de Paris écologiste Yves Contassot est aussi dans la salle, sans doute juste en spectateur.