Le prêtre était un escroc

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Le prêtre était un escroc
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L’homme a été condamné samedi à trois ans de prison pour avoir détourné deux millions d’euros.

"Vous êtes un cas d'école en matière d'abus", avait déclaré vendredi le procureur Thomas Pison à l'adresse de l'ancien prêtre jugé par le tribunal correctionnel d'Ajaccio. Antoine Videau, 64 ans, qui était l'économe de l'association diocésaine d'Ajaccio dépendant de l'évêque pour la Corse, a été condamné samedi à trois ans de prison dont un avec sursis. Il a été incarcéré, un mandat de dépôt à la barre ayant été prononcé par le tribunal. Il a aussi été condamné à 100.000 euros d'amende et interdit de droits civiques pendant trois ans.

Il roulait en Ferrari

Imposé sur la fortune, Antoine Videau possédait 28 comptes en banque en Corse, à Marseille et sur la Côte d'Azur, ainsi qu'un important patrimoine immobilier en Corse et sur le continent où il roulait en Ferrari. Il avait été interpellé en 2005 puis mis en examen pour gestion opaque du diocèse d'Ajaccio et des détournements massifs de chèques de fidèles après un signalement effectué par le nouvel évêque d'Ajaccio, Mgr Jean-Luc Brunin auprès du procureur de la République.

Il percevait aussi les loyers de chambres louées dans des locaux appartenant à l'Eglise à Ajaccio et dans un couvent qu'il avait fait restaurer à grands frais à Calacuccia (Haute-Corse). Il encaissait encore une importante partie des fonds versés par les fidèles pour des pèlerinages et voyages en Corse, sur le continent et à l'étranger, l'un d'eux ayant même été organisé à Las Vegas.

En couple

Vivant en couple avec une femme résidant à La Ciotat (Bouches-du-Rhône), il déposait une partie des fonds sur des comptes au nom de celle-ci. Qualifié de "Tartuffe" par maître Angeline Tomasi, avocate de la partie civile, il a enfin spolié d'au moins 550.000 euros les héritiers d'un archevêque corse mort à Rome et dont il était devenu l'exécuteur testamentaire.

Le comptable de l'association diocésaine, Bruno Servas, 56 ans, a été condamné à un an avec sursis et 30.000 euros d'amende pour abus de confiance et faux et usage de faux lui ayant permis d'empocher près de 100.000 euros. Une employée de maison de l'association diocésaine, Marie-Thérèse Zavani, 64 ans, qui a encaissé 12.000 euros d'argent détourné qu'elle déposait en partie sur le compte de sa mère, a été condamné à six mois avec sursis et à rembourser les sommes encaissées