Le patron de l’IGS contredit Courroye

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Le patron de l’IGS contredit Courroye
Claude Bard a affirmé que le procureur de Nanterre a explicitement demandé le contenu des SMS d’un journaliste.@ MAXPPP
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Claude Bard affirme que le procureur de Nanterre a demandé le contenu des SMS d’un journaliste.

L'étau se resserre autour de Philippe Courroye. Entendu comme témoin assisté vendredi dernier dans l'enquête sur les factures téléphoniques détaillées, dite des"fadettes", de journalistes du Monde, le patron de l’IGS a indiqué avoir reçu un coup de téléphone du juge Philippe Courroye le 28 septembre.

"Lors de cet entretien, il m'a demandé s'il était possible d'obtenir techniquement le contenu des SMS", a affirmé Claude Bard aux juges d'instruction, selon le PV d'audition publié lundi par le Monde.
Philippe Courroye a été mis en examen dans cette affaire, soupçonné d'avoir cherché à identifier les sources de journalistes du Monde travaillant sur l'affaire Bettencourt, en demandant à l'IGS d'analyser leurs factures téléphoniques détaillées.

Des accusations contre Courroye

Les déclarations de Claude Bard contredisent donc celles du procureur de Nanterre. Ce dernier affirme depuis le début de l’affaire n'avoir "jamais demandé le contenu des correspondances, c'est-à-dire des SMS échangés". Philippe Courroye dément également avoir téléphoné à l'IGS.

Mais le patron de l’IGS assure qu’il n’a pas donné les contenus des SMS. "Je lui ai répondu ‘non si ce n'est pas dans un cadre judiciaire approprié, à savoir dans le cadre d'une commission rogatoire", précise-t-il assurant avoir "demandé à Philippe Courroye de prendre contact avec le numéro 2 de l'IGS, Daniel Jacquème".

Une réquisition a été établie auprès de l'opérateur Orange, selon Claude Bard, qui précise avoir pensé "que c'était un non-sens puisque l'opérateur était dans l'impossibilité d'y répondre".

Tous contre Courroye

En janvier dernier , Daniel Jacquème avait lui aussi accusé, devant les juges, Philippe Courroye d'avoir explicitement demandé à l'IGS le contenu des SMS qu'un journaliste du Monde, Jacques Follorou, avait échangés avec la juge de Nanterre Isabelle Prévost-Desprez, chargée à l'époque d'une partie de l'affaire Bettencourt.

Le mois précédent, la Cour de cassation a confirmé que le procureur Courroye avait enfreint la loi sur le secret des sources en réclamant les relevés téléphoniques de journalistes afin de trouver quelles sources les informaient dans l'affaire Bettencourt.

Des propos contradictoires

"Il y a une contradiction irréductible entre les propos de Philippe Courroye et de Marie-Christine Daubigney, l'adjointe au procureur de Nanterre d'un côté, et ceux des policiers auxquels ils ont demandé les relevés de SMS", a déclaré l'avocat du Monde, Me François Saint-Pierre. "Les policiers ont rédigé et consigné leurs conversations avec les magistrats, il est invraisemblable qu'ils mentent et ont fait des faux PV", a-t-il dit.

De son côté, l'avocat de Marie-Christine Daubigney, Me Olivier Baratelli, a indiqué que sa cliente avait eu Daniel Jacquème au téléphone "qui a évoqué l'échange de 57 SMS entre la juge Prévost-Desprez et le journaliste". Mais elle ne lui a demandé de se renseigner sur la récupération de SMS auprès des opérateurs que "dans l'absolu", selon lui. En outre la demande du contenu de SMS n'est "pas aucune infraction pénale".