Le MOX, sujet qui fâche

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Le MOX, sujet qui fâche
Le MOX est depuis longtemps dans le viseur des écologistes notammetn car il contient du plutonium.@ REUTERS
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Le combustible au cœur d’une dissension PS-EELV est issu de déchets nucléaires recyclés.

Mais quel est donc ce MOX, apparu dans le débat politique mercredi ? Ce combustible nucléaire a fait l’objet d’un paragraphe dans l’accord trouvé au forceps entre le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts, partisan de l’abandon de cette filière. Une "intervention" d’Areva plus tard, le PS a finalement réfuté le paragraphe incriminé, arguant d’une différence d’interprétation avec ses partenaires. Europe1.fr vous en dit plus sur ce produit qui fâche.

Un combustible peu utilisé. La plupart des réacteurs étant conçus pour fonctionner à l’uranium enrichi, l’utilisation du MOX reste limitée. Selon EDF, le combustible est actuellement utilisé dans 21 des 58 réacteurs nucléaires en France, qui peuvent contenir jusqu'à 30% de MOX. Mais ce combustible nucléaire pourrait devenir incontournable à l’avenir. Les centrales de nouvelle génération pourrait lui être entièrement dédiée. A l’image de l’EPR de Flamanville, prévu pour entrer en service en 2016, et revendiqué 100 % MOX.

Où est produit le MOX ? La seule usine au monde à produire du MOX à échelle industrielle est française. Melox, c’est son nom, est située sur le site nucléaire de Marcoule, dans le Gard. Entre 100 et 140 tonnes du combustible sortent chaque année de l’usine, en direction du Japon, de la Suisse, et bien sûr des centrales françaises.

Comment obtient-on du MOX ? Le MOX (Pour Mélange d’oxydes ou Mix Oxides en anglais) est un combustible nucléaire fabriqué à partir de déchets nucléaires d’autres combustibles. Il contient ainsi entre 7 et 9% de plutonium récupéré sur les combustibles usagés, et entre 91 et 93% d’uranium appauvri.

Comment sont récupérés les composants du MOX ? Pour le plutonium, il convient de retraiter les déchets. Une fois sortis des réacteurs, les combustibles usés doivent être entreposés pendant trois à cinq ans sous neuf mètres d'eau au centre de retraitement de la Hague, dans la Manche, en attendant que leur radioactivité décroisse. Au terme de cette période de refroidissement, les produits recyclables peuvent être séparés des déchets.

Quant à l’uranium appauvri, il est récupéré pendant la phase d’enrichissement de l’uranium, nécessaire pour provoquer la fission nucléaire pourvoyeuse d’énergie. Par un procédé chimique, sont alors fabriqués le dioxyde de plutonium et le dioxyde d’uranium qui, mélangées, donnent le fameux MOX.

Controverse. Pour ses partisans, le MOX a d’abord l’avantage de permettre des économies. Selon un rapport publié en 2010 par le Haut comité pour la transparence de l'information sur la sécurité nucléaire, le recours au MOX permettrait chaque année une économie d'uranium naturel de 12%, qui pourrait grimper à 17% à l'avenir. En outre, arguent ses promoteurs, il permet de faire baisser le volume des déchets nucléaires en "recyclant" le plutonium des combustibles usés.

Mais selon Greenpeace, le volume des déchets n'est au final quasiment pas réduit. L'ONG assure en outre sur son site Internet que la production de MOX est "nettement plus coûteuse que la production de combustible standard". Enfin, Greenpeace brandit la menace de la bombe. Contrairement au "combustible classique" utilisé dans le nucléaire civil, le MOX nécessite l'utilisation de plutonium, un matériau qui "peut servir directement à la fabrication des bombes nucléaires", assure ainsi l’association.