"Le Mediator n'aura pas ma peau"

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"Le Mediator n'aura pas ma peau"
A partir de jeudi, les victimes du Mediator vont pouvoir commencer à demander une indemnisation.@ Montage / MAXPPP
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TEMOIGNAGE - Zahia, une des victimes du médicament, espère que "justice soit faite".

Depuis jeudi matin, un nouveau dossier est apparu sur la page d'accueil de l'Office d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam). Il concerne les "accidents dus à la prise du Benfluorex (Mediator) et vient compléter la liste (VIH, grippe A, maladie de Creutzfledt-Jakob).

Avant sa mise en ligne, l'Oniam avait reçu près de 300 demandes de renseignements pour remplir ce formulaire. Les associations s'attendent entre 2.000 et 3.000 dossiers complétés. Mais les premières indemnisations ne devraient pas se faire avant l'été prochain, le temps de remplir le dossier, de passer devant un collège d'experts et de demander à Jacques Servier de payer.

"Je me bats pour ma famille"

Parmi les premières victimes à avoir déposé une dossier figure Zahia, 46 ans. Elle a pris du Mediator pendant 15 ans pour maigrir. Détruite par le médicament, elle se dit prête aujourd'hui à se battre jusqu'à son "dernier souffle".

"Si je me bats pour cette indemnisation ce n’est pas pour moi mais pour ma famille, pour ceux qui ont supporté ma maladie jusqu’à aujourd'hui. Ils l’ont vécue", explique-t-elle au bord des larmes. "Quand je n'arrivais pas à respirer et que mon mari était comme un fou dans la maison en train de tourner en rond, d'essayer d'appeler les secours…"

"Je me battrai jusqu'à mon dernier souffle" :

"J'étais en très bonne santé", poursuit-elle. "Mediator m'a détruite. Aujourd'hui, je vis avec 17 euros par jour, je suis considérée handicapée catégorie 2. Le moindre geste, même lacer mes chaussures, est très dur".

"Le Mediator n'aura pas ma peau"

Et si elle dit ne pas en faire une question d'argent, elle dit espérer "que justice soit faite". "Tout l'argent du monde ne remplacera pas ma santé. Mais j'espère que l'indemnisation ira vite, car nos jours sont comptés".

"Le plus difficile a été de trouver des preuves. Il y avait des barrages partout. Heureusement que j'ai eu l'aide des pharmaciens et que j'ai pu récupérer mon dossier hospitalier dans lequel figure mon hypertension artérielle pulmonaire. Je me battrai jusqu'à mon dernier souffle, le Mediator n'aura pas ma peau, et Servier non plus !"