Le mari se défend d'être polygame

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Le mari se défend d'être polygame
@ REUTERS
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"Les maîtresses ne sont pas interdites en France, ni par l'islam" a t-il déclaré lundi.

Au centre d’une polémique depuis vendredi, l’époux de la conductrice verbalisée pour conduite en niqab, s'est défendu lundi d'être polygame, reconnaissant avoir des maîtresses. "A ce que je sache, les maîtresses ne sont pas interdites en France, ni par l'islam. Peut-être par le christianisme, mais pas en France", a déclaré le commerçant. Une version déjà avancée par la mairie de Rezé, où l'homme habite. La municipalité affirme n'avoir retrouvé la trace que d’un seul mariage civil, contracté avec la conductrice au niqab.

"Si on est déchu de sa nationalité pour avoir des maîtresses, il y a beaucoup de Français qui seraient déchus de la nationalité", a ironisé l'époux.

"On veut que ça s'apaise", assure Liès Hebbadj :

C’est Brice Hortefeux qui a lancé la polémique vendredi en affirmant que l'individu "vivrait en situation de polygamie, avec quatre femmes dont il aurait eu douze enfants". Lundi, Eric Besson semblait plus prudent, reconnaissant qu’il serait difficile d’un point de vue juridique de le déchoir de sa nationalité française. "C'est très controversé", a commenté prudemment le ministre de l’Immigration, sur RTL.

La polygamie est un délit constitué s'il est prouvé qu’une personne s’est mariée civilement alors qu’un premier mariage, enregistré par un officier d'état-civil, était toujours en cours.

Mariage religieux ne vaut pas mariage civil

Dans le voisinage, les riverains parlent de trois femmes qui vivraient dans trois pavillons séparés. Sont-elles mariées religieusement à l'homme pointé du doigt ? Rien ne permet de l'accréditer non plus dans l'immédiat. Et en tout état de cause, d'éventuels mariages religieux ne peuvent pas être pris en compte pour accréditer l'accusation de polygamie. "En France, le mariage religieux n’est pas reconnu. Des épouses mariées de façon religieuse, il a le droit d’en avoir autant qu’il veut", résume Me Apelbaum, spécialiste du droit de la famille, au micro d’Europe 1.

Le seul scénario qui pourrait faire perdre à l’homme mis en cause sa nationalité française, ce serait qu'il ait déjà été marié en Algérie, son pays d’origine, au moment de son mariage en 1999 avec une Française qui lui a valu d’être naturalisé. Des faits qui également restent à démontrer.