Le "maire gifleur" dispensé de peine ?

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Le "maire gifleur" dispensé de peine ?
Maurice Boisart a fait appel de sa condamnation par le tribunal correctionnel d'Avesnes-sur-Helpe.@ Maxppp
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C'est ce qu'a requis le parquet pour Maurice Boisart, élu du Nord, qui avait giflé un ado.

Il voulait remettre un "sale gosse" sur le droit chemin. Maurice Boisart, maire de Cousorle dans le Nord, a comparu jeudi devant la cour d'appel de Douai pour avoir giflé un adolescent qui l'aurait insulté et menacé en 2010. La décision a été mise en délibéré mais l'avocat général a requis de son côté une dispense de peine pour l'élu, tout en demandant à ce qu'il soit reconnu coupable.

Retour sur les faits : en août 2010, Maurice Boisart alpague un adolescent de 17 qui est en train d'escalader un grillage. L'ado réplique en l'insultant et l'élu le gifle. Le père et le fils avaient alors porté plainte pour coups et blessures. "J'ai mis une baffe. Point. Comme un père aurait fait à son gamin quand il lui répond de travers", expliquait le maire à Europe 1 en octobre 2010.

Le soutien d'associations de maires

En février, en première instance, le tribunal correctionnel d'Avesnes-sur-Helpe avait condamné l'élu à 1.000 euros d'amende avec sursis et 250 euros de dommages et intérêts. Entre les deux procès, la liste de ses soutiens s'est considérablement allongée. Après sa condamnation, Maurice Boisart, dont l'affaire est devenue un symbole dans le débat sur la responsabilité des maires, avait fait appel. "Je n'ai pas trouvé juste la sentence", affirme-t-il, selon Le Figaro. L'édile assure qu'à cause de cette affaire, ses cheveux ont blanchi.

L'élu peut compter sur un grand nombre d'appuis. La mairie de Cousorle a reçu un grand nombre de messages de soutien, de la part d'habitants de la ville, mais pas uniquement. L’Association des maires ruraux de France, l'Association des maires de France et l'Association des maires du Nord ont exprimé leur soutien.

Un nouvel avocat, ténor du barreau

L'Institut pour la Justice, une association étiquetée plutôt à droite, a de son côté lancé une pétition qui a recueilli plus de 500.000 signatures, selon La Croix.  L'Institut se dit "très choqué" par la condamnation du maire en première instance, évoquant "une question d'élémentaire justice et d'équilibre", mais aussi "une question d'honneur".

Pour ce nouveau procès, Maurice Boisart a changé d'avocat. C'est désormais Me Eric Dupond-Moretti, "enfant de Cousorle" selon La Voix du Nord, qui le défend. Ce ténor du barreau a notamment représenté Yvan Colonna et Kérôme Kerviel.