Le journal Minute condamné pour homophobie

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Le journal Minute condamné pour homophobie
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L'hebdomadaire a été condamné mardi pour homophobie pour sa Une publiée au début du débat sur le mariage pour tous.

En plein débat sur le mariage pour tous, la Une de Minute avait suscité bien des critiques. L'hebdomadaire a finalement été condamné mardi pour homophobie pour sa une "Mariage homo : bientôt ils vont pouvoir s'enfiler... la bague au doigt" et "Sida : malgré les risques ils vont vous donner leur sang". L'hebdomadaire d'extrême-droite était poursuivi par l'association SOS Homophobie pour injure et provocation à la haine. Le tribunal correctionnel de Paris l'a condamné à 4.000 euros d'amende et 3.000 euros de dommages et intérêts.

"Choquant et grossier". Les titres s'étalaient sur fond de photo de deux hommes de dos, vêtus seulement de sous-vêtements en cuir lors d'une "gay pride", tenant le drapeau arc-en-ciel des militants LGBT. Toutefois, la condamnation concerne uniquement la couverture du magazine, et non plusieurs passages d'articles également visés par l'association. Lors de l'audience fin mars, la représentante du parquet avait estimé que seule la phrase "Sida : malgré les risques ils vont vous donner leur sang", et plus particulièrement ce pronom qui "ramasse toute la communauté homosexuelle", pouvait justifier une condamnation.

"La reconnaissance réelle d'une infraction". C'est une belle victoire" a commenté Elisabeth Ronzier, vice-présidente de SOS Homophobie, présidente de l'association lorsque la procédure avait été engagée. Cette dernière a également insisté sur la "rareté des décisions" en ce sens. "Quand nous sommes déboutés, c'est comme un signal pour dire : allez-y," a-t-elle poursuivi, en se félicitant de "la reconnaissance réelle d'une infraction qui mérite d'être reconnue".

Une condamnation "assez sévère". L'avocat de Minute, Frédéric Pichon, s'est félicité que "sur la plupart des chefs de poursuite les plaignants ont été déboutés", en référence à la relaxe sur le contenu des articles. Il a toutefois jugé le montant de la condamnation "assez sévère par rapport à la jurisprudence habituelle" et indiqué qu'il étudierait avec son client un éventuel appel.

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