Le jeu du bouton-d'or expliqué par la science

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Le jeu du bouton-d'or expliqué par la science
@ Morguefile.
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Une étude démontre que la structure des pétales explique l'exceptionnel rayonnement de la fleur.

"T'aimes le beurre !". Le jeu enfantin consistant à brandir un bouton-d'or sous le menton d'un camarade avant d'affirmer que le reflet sur la peau "prouve" qu'il aime le beurre vient d’être élucidé scientifiquement.

Les départements de physique et de botanique de Cambridge ont découvert que la structure très particulière des pétales explique l'exceptionnel rayonnement du bouton-d'or, d'une intensité comparable à un miroir.

Un siècle de recherches

Les cellules des pétales sont constituées de deux surfaces extrêmement plates, séparées par une couche d'air. La réflexion de la lumière par la surface lisse des cellules et par la couche d'air double l'éclat du pétale, ce qui explique que le bouton-d'or réfléchisse davantage la lumière que toute autre fleur.

"Les scientifiques s'intéressent à son fonctionnement depuis plus d'un siècle", explique la célèbre université britannique dont l'article est publié dans le journal Interface de la Royal Society, équivalent de l'Académie française des sciences.

Un jeu répandu dans de nombreux pays

La mystérieuse couleur or de cette fleur lui a valu d’être surnommé fleur de beurre dans de nombreux pays du monde. Le renoncule, bouton-d'or en français, est appelé "buttercup" en anglais, "Butterblume" en Allemand, et "boterbloem" en néerlandais.  Des noms faisant référence  au reflet jaune, semblable au beurre, qu'il produit lorsqu'on l'approche de la peau.

Indépendamment du jeu enfantin en vogue dans de nombreux pays, dont le Royaume-Uni et la France, l'éclat du bouton-d'or serait destiné à séduire les insectes, qui vont permettre à la fleur de se reproduire. Les chercheurs de Cambridge ont en effet découvert que le bouton-d'or réfléchissait une dose importante de rayonnement ultraviolet, auxquels les abeilles et les autres insectes pollinisateurs sont très sensibles.

"Bien que maints facteurs, comme l'odeur et la température, influencent la relation entre les pollinisateurs et les fleurs, l'aspect visuel est un élément majeur de communication", a expliqué Silvia Vignolini, de l'université de Cambridge.

"Notre recherche offre un aperçu passionnant à la fois sur un jeu d'enfants et sur la façon dont les fleurs attirent les insectes pollinisateurs", résume Beverley Glover, du département botanique, dans le communiqué de l'université.