Le hangar de Calais évacué

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Le hangar de Calais évacué
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Une dizaine de migrants et de militants s'y trouvait encore quand la police est intervenue.

Le hangar occupé depuis samedi soir par des migrants à Calais a été évacué par les forces de l'ordre dimanche après-midi. "Ils ont tout pété, ils sont rentrés de force. Il n'y avait plus de migrant à l'intérieur", a crié Hélène, une militante de No Border, encadrée par deux policiers qui l'évacuaient du local.

Au moment de l'évacuation, il ne restait plus qu'une dizaine de militants et les derniers migrants avaient quitté les lieux alors que le bâtiment était encadré par les CRS, selon Valentin, un militant joint par téléphone avant l'évacuation. Vers 14 heures, une cinquantaine de migrants partis à une distribution de repas ont essayé de regagner le hangar mais en ont été empêchés par une vingtaine de CRS qui avaient barré la rue, sans échange de coups.

Marie-Noëlle Guès, de l'association No Border, explique que l'objectif n'est pas de créer un nouveau Sangatte :

"Laissez-moi entrer"

L'un des migrants a pris un mégaphone et demandé "laissez-moi rentrer", avant qu'un deuxième dise : "nous ne voulons pas nous battre, nous voulons juste rentrer". Une partie des migrants sont repartis vers un gymnase de Calais qui les accueille habituellement en période de grand froid et est actuellement fermé. Ils pourraient toutefois essayer de revenir après la distribution des repas du soir. La préfecture avait demandé aux migrants d'évacuer le hangar en promettant qu'il n'y aurait pas d'interpellation.

Environ 90 migrants majoritairement afghans et une vingtaine de militants avaient passé "dans le calme" la nuit de samedi à dimanche dans ce hangar, sous surveillance policière, a indiqué dimanche matin l'association "SOS soutien ô sans-papiers" qui loue le hangar en question. L'opération d'installation a été menée par les militants de "No Border".

Ni eau ni électricité

Les motivations des associations sont encore assez floues. La préfecture du Pas-de-Calais a rappelé que le hangar était destiné à du stockage de marchandises et ne pouvait être un lieu d'hébergement.

Le bâtiment de 600 mètres carrés a été loué il y a quelques semaines par l'association "SOS soutien ô sans-papiers". Il ne dispose ni d'électricité, ni d'eau, ni de chauffage. Un dispositif policier avait d'ailleurs été mis en place dès sa location pour prévenir toute installation de migrants.

Depuis la fermeture du centre d'hébergement de Sangatte et la destruction de la "jungle", où les centaines de migrants avaient trouvé refuge, les clandestins cherchent des hébergements dans Calais et ses alentours.