Le Grand rabbin a-t-il encore menti ?

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Le Grand rabbin a-t-il encore menti ?
Gilles Bernheim, qui a déjà reconnu une série de plagiats, ne serait pas titulaire de l'agrégation de philosophie.@ Marlene Awaad/ MaxPPP
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Gilles Bernheim, qui a déjà reconnu des  plagiats, ne serait pas titulaire de l'agrégation de philosophie.

Le Grand rabbin de France est une nouvelle fois montré du doigt. Gilles Bernheim, qui a déjà reconnu cette semaine une série de plagiats dans son livre Quarante méditations juives, aurait aussi menti sur ses diplômes, selon L'Express. Il aurait ainsi usurpé son titre d'agrégé de philosophie.

La mention est pourtant dans toutes les biographies de Gilles Bernheim : "agrégé de philosophie". Certaines précisent même que l'actuel Grand rabbin de France aurait été major du concours. La notice du Who's who, un célèbre annuaire de personnalités, dont les biographies ne sont publiées qu'après vérification de l’intéressé, mentionne elle aussi le fameux diplôme. Nicolas Sarkozy lui-même l'a évoqué lorsqu'il a remis la Légion d'honneur au Grand rabbin en 2010.

Et pourtant, dans les listes des agrégés de philo, dont Europe 1 a pu consulter 30 ans d'archives, le nom de Gilles Bernheim n'apparaît nulle part. "Aucun fichier n'est infaillible, mais nous publions chaque année la liste des agrégés de l'année en cours. Il est rarissime de ne pas trouver une personne pour laquelle on a reçu une demande de vérification", assure à Europe 1 Blanche Lockmann, le présidente de la Société des agrégés.

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Les archives de la Société des agrégés consultées par Europe 1. EUROPE 1/AURELIEN FLEUROT

Gilles Bernheim, contacté par Europe 1, a refusé de répondre. Son porte-parole assure qu'il est effondré. Le Grand rabbin serait reclus chez lui et réfléchirait à une manière de prendre la parole au cours de la semaine prochaine.

Gilles Bernheim avait dû publier un communiqué mercredi après avoir été accusé de plagiat dans son dernier livre. "Les plagiats démasqués sur Internet sont avérés", écrivait-il. Le responsable religieux expliquait avoir confié une partie "des travaux de recherches et de rédaction" de son livre à un étudiant "par manque de temps". "C'est la seule et unique fois que je me suis livré à un tel arrangement. (...) Ce fut une terrible erreur. (...) J'ai été trompé. Pour autant, je suis responsable", reconnaissait-il.